Mesurer les objets concrets mathématisables fut l'un des premiers actes scientifiques conscients : il est d'usage de citer la redistribution, à des fins fiscales, des terres émergées après une crue du Nil, dans l'Égypte antique. Le premier niveau consiste à calculer des longueurs, d'abord d'intervalles de droites, puis de courbes comme le cercle. Le second a pour objet d'obtenir l'aire (mot savant pour surface) d'une partie d'un plan comme l'intérieur d'un polygone, ou un disque. Le troisième est une extension naturelle des deux premiers : il s'agit naturellement de trouver les volumes des solides simples, cube, pyramide et sphère.
Si, dans l'Antiquité, les longueurs de segments, les aires de rectangles, parallélogrammes et trapèzes, les volumes de parallélépipèdes ne posent aucun problème technique insurmontable, la détermination de l'aire d'un disque circulaire, du volume d'une sphère et, plus encore, de l'aire latérale de cette dernière, demandait à un Archimède d'inventer des techniques proches de notre calcul intégral. Il va de soi que, jusqu'au xixe siècle, une définition précise de l'un de ces trois mots était difficile […]
