L'exposition The Cremaster Cycle, consacrée à l'artiste américain Matthew Barney et organisée par le Solomon R. Guggenheim Museum à New York, a d'abord été présentée au Museum Ludwig à Cologne, puis au musée d'Art moderne de la Ville de Paris en 2002-2003, permettant la projection à Paris, dans les salles du cinéma MK2 Beaubourg, de ses cinq films Cremaster. Le dernier, Cremaster 3, s'ouvre sur une citation de l'entraîneur de football américain Vince Lombardi, rappelant à ses joueurs que « le caractère, c'est l'intégration d'habitudes de conduite imposées par le tempérament. C'est la volonté appliquée à l'aptitude, à la pensée, à l'émotion et à l'action. La volonté, c'est le caractère en action ».
1. Un parcours sans faute
Né en 1965 à San Francisco, élevé dans l'Idaho, formé à l'université Yale à New Haven, Matthew Barney, athlète de haut niveau, se fait connaître en 1991 lors de sa première exposition personnelle à la galerie Barbara Gladstone à New York. Il la transforme en salle de sport et en chambre froide (Transexualis), aux murs et au plafond percés de harnais auxquels l'artiste, à moitié nu, s'agrippe (Blind Perineum), afin de se mouvoir dans l'espace. Matthew Barney est alors âgé de vingt-quatre ans à peine. Face à cet univers étrange, qui relève de la performance, de la violence et de la sexualité, le public est véritablement troublé.
Mais déjà les principales obsessions de l'artiste sont posées : le façonnage du corps, par le sport ou par la chirurgie esthétique, le dépassement de soi, la mutation, l'énergie, l'indifférenciation sexuelle, la volonté et le narcissisme. Ses matériaux de prédilection apparaissent aussi : la vaseline, molle ou congelée (sujet principal de son film DR9 - Drawing restraint 9, 2006), le Teflon autolubrifiant, et enfin le corps (les orifices notamment) – celui de l'artiste.
Dès lors, celui-ci – qui se considère, à juste titre, comme un sculpteur – est rattaché à la tendance dite « performative », laquelle, par le biais d'une œuvre soph […]
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