3. L'artiste et le musée
Force est de constater que l'œuvre de Matthew Barney transforme considérablement le musée. Elle le dynamise par la formidable énergie qu'elle dégage. Elle l'érotise par la violente sensualité des images et des matériaux employés, dont on trouve l'équivalent dans les films de David Cronenberg (Crash) et de David Lynch (Blue Velvet). Le musée devient alors un lieu de production, prenant en charge une logistique presque aussi importante que pour la réalisation d'un film ou un concert de rock. À la fois stade de foot, ou de toute autre compétition sportive (le sol étant entièrement recouvert d'Astroturf, une moquette résistante et colorée utilisée en guise de pelouse dans les stades américains), et salle d'entraînement, avec ses bancs de musculation, ses tapis en caoutchouc, ou ses écrans de télévision suspendus au plafond, le musée est contraint d'abandonner sa sérénité.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



