On peut définir l'art vidéo comme une télévision faite par des artistes : il s'agit de productions privées, parfois rudimentaires, qui visent moins à la distraction qu'à des buts esthétiques communs à d'autres formes d'art contemporain. Ce sont des œuvres d'expression personnelle, ou résultant d'une analyse réflexive sur les structures propres à la vidéo. Elles se rencontrent en général sous l'une ou l'autre de ces deux modalités : la bande vidéo, qui est préalablement enregistrée ; l'installation vidéo, dans laquelle les images sont simultanément fabriquées et regardées.
L'art vidéo est né dans la seconde moitié des années 1960 ; le premier à le pratiquer fut Nam June Paik.Dix ans plus tard, le débat critique sur l'art vidéo s'est orienté vers la relation entre art et technologie. La question est de savoir si la technologie électronique révolutionnera la pratique de l'art contemporain ou si l'art « moderniste » ne fera qu'absorber la vidéo comme un support de plus pour la réflexion esthétique.
1. Art vidéo et télévision
Essayant de définir la nature de la vidéo d'artiste et évoquant d'abord son origine, le cinéaste américain Hollis Frampton soulignait que « l'art vidéo est né du derrière jupitérien (je n'irais pas jusqu'à dire du cerveau !) de cette Autre Chose appelée télévision ». Commerciale, la télévision officielle est en effet parente de la vidéo des artistes, mais les rapports entre la finalité esthétique de la vidéo et celle du réseau de télévision sont fort complexes. Et ce pour diverses raisons, dont les deux principales tiennent aux deux caractéristiques de la télévision destinée au grand public : être commerciale et radiodiffusée. Bien que la vidéo d'artiste puisse avoir en partie le même équipement que la télévision – caméra, enregistreur de bande vidéo, récepteur –, elle n'est pas pourvue de dispositifs pour la télédiffusion. Privé d'accès aux ondes d'État, l'art vidéo ne prétend pas à l'échelle de la télévision, ni pour la distance que le signal électroniq […]
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