2. Les types morphologiques de massifs anciens
La typologie morphologique des massifs anciens doit donc reposer sur les caractères de la tectonique de rajeunissement. Mais ceux de la structure géologique des portions de plate-forme concernées interviennent également, en fonction des possibilités que celles-ci offrent à l'érosion différentielle.
• Les types appalachiens
Les massifs anciens de types appalachiens (fig. 1) dérivent de plates-formes caractérisées par l'ampleur des structures rubanées, recourbées en boucles dans les terminaisons périanticlinales et périsynclinales. La gamme des formes structurales correspondantes englobe des crêtes de grès ou de quartzites et des sillons, plus ou moins épanouis, évidés dans des argilites ou des schistes, des cuvettes synclinales « en fond de bateau » (canoe valleys) et des terminaisons d'anticlinaux « en bout de cigare ». La combinaison morphologique est remarquable par le parallélisme de ses éléments selon la direction des plissements et par la subégalité locale des altitudes des crêtes qui révèlent les surfaces d'aplanissement initiales défoncées par l'érosion différentielle. Les réseaux hydrographiques, « en baïonnette », y associent des éléments longitudinaux à des éléments transversaux recoupant les crêtes en cluses, fonctionnelles (water gaps) ou mortes (wind gaps).
Issus d'un vigoureux rajeunissement tectonique, ces massifs constituent de véritables chaînes de montagnes au relief très différencié (Appalaches, Oural, MacDonnell Ranges en Australie). Dans les Appalaches, qui atteignent 2 037 mètres dans les Blue Ridge, une dizaine de hautes crêtes s'alignent ainsi sur 1 500 kilomètres du nord-nord-est au sud-sud-ouest. Mais, lorsque le rajeunissement est peu intense, on a affaire à des plateaux peu élevés, remarquables par le compartimentage dû au réseau géométrique des crêtes.
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