4. Thérapeutique et prévention
Des inhibiteurs des activités de EF et surtout de LF, pouvant être utilisés comme antidotes, sont activement recherchés. Cependant, pour pouvoir agir, ceux-ci devraient être administrés très tôt, avant que les toxines n'aient exercé leur effet. En l'état actuel, la complexité de la physiopathologie du charbon et la difficulté à établir la relation de cause à effet entre activité des toxines et conséquences chez l'hôte expliquent en grande partie pourquoi il n'existe aucun traitement symptomatique spécifique de la maladie. À plus long terme, un antidote efficace serait celui qui permettrait de neutraliser les effets délétères des toxines.
Une autre voie prometteuse repose sur la prévention, via une vaccination efficace. En médecine vétérinaire, il existe un vaccin vivant, souche atténuée dans sa virulence, qui a permis le contrôle de la maladie dans les pays développés. Cependant, en raison de sa virulence résiduelle, ce vaccin ne peut être utilisé chez l'homme. Vaccination vétérinaire et prophylaxie suffisent en elles-mêmes à protéger l'homme contre les risques naturels. La situation est tout autre face à des utilisations de spores de B. anthracis à des fins bioterroristes. Un vaccin acellulaire à usage humain a été mis au point ; de formulation ancienne, il était destiné aux personnes à risques professionnels. Composé de l'antigène protecteur PA, ce vaccin cible essentiellement la protection envers les toxines, dans une stratégie similaire à celles qui sont utilisées dans les vaccinations contre le tétanos et la diphtérie. Cependant, dans le cas du charbon, la protection envers PA est apparue certes nécessaire mais non suffisante. Dans tous les modèles animaux testés, le vaccin PA s'est révélé incapable de conférer une protection d'efficacité comparable à celle du vaccin vivant. Cette différence majeure tient sans doute au fait que la maladie associe une importante bactériémie à la toxémie. Dès lors, il devient indispensable de neutraliser ces deux effets pour une protection efficace, ce qui est sans doute assuré par le vaccin vivant. Prenant en compte ce double aspect, de nouvelles formules vaccinales non vivantes ont dû être élaborées. Ainsi, l'association à PA de spores tuées, voire d'antigènes de spores, paraît capable de bloquer à la fois l'infection, en agissant à l'étape précoce de germination, et les effets des toxines.
B. anthracis est un germe qui persiste dans l'environnement et qui a développé des armes redoutables pour assurer sa multiplication dans l'hôte mammifère. La vigilance vis-à-vis de son utilisation à des fins nuisibles sera sans aucun doute notre meilleure parade.
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