Selon la définition donnée par S. A. Waksman, en 1941, un antibiotique est une substance produite par un micro-organisme et qui a le pouvoir d'inhiber la croissance d'autres micro-organismes et même de les détruire.
L'antibiose est donc le fait que la prolifération d'une première espèce microbienne puisse être mise en échec par une seconde espèce. Celle-ci élabore à cet effet des substances nuisibles à l'égard de celle-là : ce sont les bio-antibiotiques, que l'on appelle maintenant antibiotiques tout court. Cette appellation risque de créer une confusion avec toute une série de produits ayant des propriétés antimicrobiennes et qui ne sont pas des antibiotiques au sens rigoureux du terme, comme par exemple : les produits antimicrobiens de synthèse, les antiseptiques et les désinfectants, les biocides utilisés dans l'industrie pour préserver des denrées fermentescibles, comme la pâte à papier, l'amidon, la gélatine, etc.
Il faut bien reconnaître cependant que cette confusion est d'autant plus courante que l'appellation antibiotique s'est beaucoup élargie et recouvre un grand nombre de produits de synthèse ou d'hémisynthèse qui n'ont plus rien à voir avec les produits naturels élaborés au cours du métabolisme de certains micro-organismes.
La notion d'antibiose fut exprimée clairement, pour la première fois, en 1877 par Pasteur et Joubert, lorsqu'ils constatèrent l'effet inhibiteur des bactéries saprophytes sur la croissance de Bacillus anthracis. Par la suite, plusieurs microbiologistes ont noté l'existence de compétition entre micro-organismes et proposé des applications thérapeutiques de ces phénomènes ; cependant, ces recherches passionnantes restèrent sans grand écho.
Fleming lui-même, au cours d'une expérience demeurée célèbre, avait remarqué, dès 1929, que des cultures de Staphylococcus aureus présentaient des zones d'inhibition au contact de moisissures du genre Penicillium. Il pensa tout de suite, en accord avec les observations antérieures de ses collègues microbiologistes, que ce phénom […]
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