2. La capsule
La capsule de B. anthracis contribue à la pathogénicité en permettant à la bactérie d'échapper aux défenses de l'hôte et en provoquant la septicémie. En effet, elle inhibe la phagocytose et est très peu immunogène. Ces caractéristiques ne favorisent donc pas le développement d'une réponse immunitaire. En microscopie électronique, la capsule a un aspect de cheveux courts (cf. figure). Elle couvre toute la surface bactérienne et les bacilles isolés d'animaux malades sont toujours ainsi capsulés. Son apparition est extrêmement rapide au cours de la germination. La capsule peut être mise en évidence avant même que les bacilles naissants ne soient entièrement libérés des structures de la spore.
La capsule de B. anthracis a une composition originale. Contrairement à la plupart des capsules bactériennes qui sont polysaccharidiques, celle-ci est polypeptidique. Elle est constituée d'un polymère d'acide D-glutamique. C'est en fait la monotonie de cette structure qui la rend si peu immunogène. De plus, ce polymère est branché en γ et non en α comme dans les protéines. Sa synthèse n'est d'ailleurs pas de type peptidique et les étapes en sont peu connues. Un complexe membranaire, dont les gènes sont portés par le plasmide de virulence pXO2, assurerait cette polymérisation. Au laboratoire, les synthèses de capsule et de toxines sont couplées et optimales à 37 0C et en présence de bicarbonate, qui sont deux signaux spécifiques de l'hôte mammifère.
Puisque la capsule permet la multiplication bactérienne, il est donc important d'arrêter le plus tôt possible une infection qui non seulement peut conduire à une septicémie pouvant elle-même être mortelle mais développe parallèlement une grave toxémie. C'est pourquoi il est nécessaire de procéder à un traitement antibiotique. S'il est tardif, il sera insuffisant, les toxines étant déjà synthétisées abondamment et conduisant à la mort de l'hôte.
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