2. État naturel
On connaît actuellement plus de deux cents minéraux contenant des terres rares : ces éléments ne sont donc pas si rares, avec une teneur moyenne dans l'écorce terrestre d'environ 0,08 p. 100. Le problème vient de la grande dilution de la répartition, avec des minerais peu concentrés. La terre rare la plus abondante est le cérium (environ 48 p.p.m.), dont la concentration moyenne est supérieure à celle du cuivre. Arrive ensuite le néodyme (env. 24 p.p.m.) et le lanthane (env. 18 p.p.m.), plus abondants que le cobalt et le nickel. Les autres terres rares sont beaucoup moins présentes, particulièrement le thulium et l'europium (env. 0,5 p.p.m.). Certains des minéraux sont riches en terres cériques (monazite, bastnaésite, cérite), d'autres contiennent préférentiellement les terres yttriques (samarskite, xénotime) et quelques-uns mélangent les terres rares lourdes et légères (gadolinite, fergusonite).
Les principaux minerais sont (tabl. 4) :
– La monazite, orthophosphate de terres rares et de thorium, qui est le minerai le plus répandu. Considéré comme « stratégique » en raison de la présence du thorium radioactif, on le trouve en abondance dans les sables noirs des plages, en particulier au Brésil et en Australie.
– La bastnaésite, qui est un fluorocarbonate LnFCO3, riche en terres cériques. Il contient également un taux élevé d'europium.
– Le xénotime, qui est également un orthophosphate à structure zircon, riche en terres yttriques. Il est actuellement peu utilisé.
– Dans les années 1980, en Chine, on a rencontré les terres rares dans des argiles, sous la forme d'ions adsorbés. Ce sont les minerais les plus exploités actuellement, dans des mines à ciel ouvert.
Les réserves mondiales sont très importantes et géographiquement assez diversifiées (tabl. 5). Environ 75 p. 100 des minerais sont extraits en Chine (Mongolie, Guangdong, Xunwu et Longnam), en Russie (presqu'île de Kola) et aux États-Unis (Califo … ]
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