5. L'endémisme biologique
L'étude des peuplements végétaux et animaux des milieux insulaires révèle l'importance des phénomènes d'endémisme. La réduction des effectifs de chaque population et la diminution du nombre des espèces sont révélateurs de l'appauvrissement dû à l'isolement, d'autant plus que la superficie de l'île est plus restreinte et que son éloignement par rapport au continent est plus grand. L'appauvrissement en espèces s'accompagne d'une grande fragilité des associations.
À l'origine, les îles océaniques isolées ne portaient aucun être vivant. Leur peuplement s'est fait par apports progressifs dus au vent, aux oiseaux, aux épaves flottantes, etc. La pauvreté générale de la flore et de la faune, l'endémisme des espèces en sont les caractéristiques essentielles.
Quant aux archipels, entrent en compte le nombre d'îles, la configuration de chaque île et les distances qui les séparent. Dans l'ensemble, la richesse des peuplements est beaucoup plus grande que dans une île isolée. Néanmoins, ici comme dans le cas précédent, on note une pauvreté générale, spécialement en ce qui concerne le nombre de taxons d'ordre supérieur.
La disparition de certaines espèces a, en contrepartie, favorisé le maintien de formes éliminées par la compétition sur les continents voisins ; d'où la persistance de peuplements reliques que l'on qualifie de « paléo-endémiques », par opposition aux espèces « néo-endémiques », qui ont évolué dans les îles à partir des formes du continent.
Parmi les animaux paléo-endémiques recensés dans les îles, on peut citer : les tortues terrestres géantes des Galápagos, le varan géant au Komodo, les oiseaux aptères comme le dronte de l'île Maurice, les ratites géants comme l'Aepyornis à Madagascar, les lémuriens géants de Madagascar...
Plus une île comporte de formes de vie endémiques, et plus elle est fragile dès que les hommes s'y installent. De très nombreuses îles ont perdu une grande partie des caractères originaux de leur peuplement animal ou végétal soit par suite d'une prédation abusive concernant les oiseaux et les reptiles, soit à la suite de l'introduction d'espèces végétales ou animales ayant bouleversé les équilibres fragiles de l'écosystème insulaire. L'installation de populations colonisatrices (défrichements, plantations, activités commerciales et industrielles) a eu des conséquences néfastes : les Petites Antilles, les Mascareignes, les îles polynésiennes ont presque toutes perdu les éléments originaux de leurs peuplements naturels. Le cas extrême est celui de l'île de Pâques.
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