Île indépendante au sein du Commonwealth, terre à majorité indienne où le français est la langue de la presse et d'une grande partie des communications sans être la langue officielle, lieu où coexistent peuples, langues et religions d'Asie, d'Europe et d'Afrique, Maurice pourrait être écartelée entre mille conflits. Une unité profonde y règne cependant, par-delà les cloisonnements et les contrastes. Le créole, hérité de la première colonisation et qui est très proche de celui que l'on parle aux Seychelles et à la Réunion, la conscience d'une identité insulaire, une structure sociale marquée par la plantation coloniale mais aussi par l'émergence d'une importante classe moyenne, la solidité des institutions enfin ont peu à peu exorcisé les vieux démons des antagonismes ethniques.
La vitalité intellectuelle, l'intensité du débat politique, la multiplicité des courants religieux venus d'Asie, du monde musulman et de la chrétienté, les efforts dans le domaine agricole donnent de ce pays une image attachante et d'emblée positive. Les problèmes ne manquent pas, mais on est loin de l'image déprimante de certains pays tropicaux où des dictatures se sont installées et pèsent sur un peuple sans espoir. La présence internationale de Maurice – présence politique, économique et financière, sans rapport avec la petite dimension du pays – tient à ces qualités et à ce dynamisme. Le remarquable essor industriel des années 1980, comme l'adaptation en cours aux nouvelles réalités du xxie siècle doivent beaucoup, eux aussi, au niveau culturel de la population de l'île et à la solidité de son organisation sociale.
1. Le milieu et les hommes
• L'île aux dodos
À 900 kilomètres de Madagascar, centrée par 200 15' sud et 570 35' est, l'île Maurice fait partie avec l'île de la Réunion et l'île Rodrigues de l'archipel volcanique des Mascareignes. La plus ancienne des série […]
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