3. Alternance et intégration
La formation de la personne est un processus de type discontinu en même temps que continu, la genèse d'une « unité faite de contraste et de conflits ». De fait, ce couple discontinuité-continuité exprime l'équilibre où se tient la pensée wallonienne entre deux catégories de concepts, dont la conjonction est tout aussi difficile que nécessaire.
La première concerne la composante biologique du comportement et réfère à l'ensemble notionnel : crise, facteur endogène, maturation, en rapport avec le principe d'alternance fonctionnelle. La seconde renvoie à la composante sociale et comporte la séquence : interaction, facteur exogène, milieu humain, en rapport avec le principe d'intégration fonctionnelle.
Wallon a souvent avoué les liens entre son propre modèle épistémologique et la dialectique matérialiste. En fait, l'originalité de son vocabulaire et de son style de pensée pose le problème délicat, sinon insoluble, du repérage d'une telle parenté. Cette difficulté s'éclairerait quelque peu si l'on remontait, pour découvrir le type logique propre au mode explicatif dont use Wallon, à la source hégélienne, dont la mention accompagne parfois cette référence (voir article de 1936, no 91).
Dans cette perspective, il paraît plausible de rattacher le couple alternance-intégration à la double polarité dynamique-statique, diachronique-synchronique, génétique-structurale, que comporte le concept de contradiction, clef de voûte de la pensée dialectique. Le premier terme de chacune de ces paires connote une loi de division (dualité dans l'unité) où s'exprime « la genèse immanente des différences » (Hegel, Logik, 1811). Le second terme des mêmes couples renvoie à une loi de totalité (unité dans la dualité) où s'exprime « la nécessité de la liaison » (ibid.). Le schème de base propre à l'épistémologie wallonienne recouvrirait bien le modèle division-totalité, différence-identité, qui constitue le moule logique de la pensée dialectique issue de Hegel.
Ce n'est pas u […]
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