Physicien français né et mort à Paris.
« J'ai grandi au lendemain de la guerre de 1870 entre un père républicain jusqu'au fond de l'âme et une mère dévouée jusqu'au sacrifice, au milieu de cet admirable peuple de Paris, dont je me suis toujours senti si profondément solidaire. Mon père qui avait dû, malgré lui, interrompre ses études à l'âge de dix-huit ans, m'a inspiré le désir de savoir ; lui et ma mère, témoins oculaires du siège et de la sanglante répression de la Commune, m'ont, par leurs récits, mis au cœur l'horreur de la violence et le désir passionné de la justice sociale » (Paul Langevin, 1945).
Très jeune, Paul Langevin manifeste des dons exceptionnels, sanctionnés par une carrière scolaire qui sort de l'ordinaire ; encouragé par ses instituteurs, il parcourt rapidement les divers échelons de l'enseignement primaire, puis primaire supérieur, avant d'entrer à seize ans à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris (seule école d'ingénieurs accessible à ceux qui n'avaient pas reçu l'enseignement des lycées). Langevin y suit les cours et l'enseignement de laboratoire de Pierre Curie, avec lequel il se lie d'amitié. À sa sortie de l'École, il renonce à la carrière d'ingénieur et décide, sur les conseils de Pierre Curie, de se consacrer à la recherche et à l'enseignement. Aussi, se présente-t-il à l'École normale supérieure : il est reçu premier en 1894. En 1897, il bénéficie d'une bourse pour aller travailler un an au Cavendish Laboratory de Cambridge, haut lieu de la science européenne où se trouvent alors E. Rutherford et J. J. Thomson. De retour en France, il soutient sa thèse en 1902, est nommé professeur suppléant, puis professeur au Collège de France. En 1904, il succède à Pierre Curie à l'École de physique et de chimie, dont il devient directeur en 1925. Langevin, on le voit, est l'exemple même de ces « enfants du peuple » dont l'avenir a été entièrement façonné par l'école de la IIIe République.
Au moment où Paul Langevin entame sa carrière sc […]
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