3. Dissémination
Chez quelques espèces, les graines sont projetées, en tous sens, par l'éclatement du fruit ; beaucoup plus généralement, elles sortent de celui-ci par des fentes, ou des trous, ouverts dans sa paroi ; la dissémination est alors assurée par des moyens variés.
Dans beaucoup de genres, le tégument porte une annexe succulente, souvent de teinte vive (rouge, orangée, bleue), appelée arille, arillode, caroncule, suivant la région de la surface ovulaire où elle prend naissance. Cette annexe, qui contient des substances nutritives, attire, à l'échelle de ses dimensions, des animaux petits (fourmis, etc.), ou grands (oiseaux, rongeurs, éléphants, singes, etc.), et constitue ainsi un moyen de dispersion ; les arilles les plus développés sont surtout répandus parmi les Angiospermes tropicales et permettent la dissémination de graines volumineuses et lourdes.
Dans d'autres genres, le tégument est pourvu d'une mince crête membraneuse, annulaire, ou latérale, plus ou moins large (aile), ou bien garni de poils creux et remplis d'air (saules, peupliers, cotonniers, oléandre ou laurier-rose, etc.) ; tous ces dispositifs augmentent, sans accroissement sensible de poids, la surface portante de la graine et donnent prise au vent, qui assure la dissémination. Il en est de même lorsque les graines sont très petites ; le cas extrême est celui des Orchidées, chez lesquelles chaque fruit libère une poussière de graines microscopiques (plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions, suivant l'espèce, dans un seul fruit). Au cours de l'évolution des Angiospermes, la petitesse et le grand nombre des graines ont été favorisés par la sélection naturelle : les plantes tropicales, à graines arillées, mûrissant lentement, solitaires ou peu nombreuses, dans chaque fruit, font figure de reliques ; dans les familles évoluées, des graines, petites et nombreuses, à maturation rapide, assurent beaucoup mieux la dissémination.
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