8. Vers la plus grande généralisation possible
Il ressort de tout ce qui précède que l'évolution des modes et des gammes se traduit par un effort constant pour donner à l'ensemble des fréquences audibles une sorte de statut qui permette de choisir, l'une étant prise comme fréquence de base, celles qui serviront ensuite à faire véritablement de la musique. De ce point de vue, le système tempéré occidental est un immense succès puisqu'on lui doit, depuis Bach, une grande quantité de chefs-d'œuvre. Il est possible, toutefois, que ce système ne dure pas plus que ceux qui l'ont précédé. Les moyens électroniques, notamment, permettent d'imaginer d'autres divisions de l'espace sonore. Ainsi, suivant en cela l'exemple d'Euler, on pourrait choisir pour logarithmes, non plus la base 12√2, mais une base qui serait la plus « générale » possible, soit n√p. De cette façon, p représenterait l'intervalle destiné à être divisé en n parties égales. Cette proposition n'est pas une vue de l'esprit. Dans son Étude I de musique électronique, Karlheinz Stockhausen a choisi la base 28√5, étendant par là le tempérament à la division en vingt-huit parties égales de l'intervalle existant entre un son fondamental et son cinquième harmonique.
Partant de la notion de mode, c'est-à-dire de la division de l'octave en parties inégales, la gamme tend, de nos jours, à rejoindre la notion d'échelle (dont la gamme chromatique est la forme la plus usuelle), qui serait une division en parties égales de l'espace sonore.
Quoique employée sans discussion par presque tous les musiciens, la gamme tempérée n'est pas encore, pour autant, admise par tous les théoriciens. On peut encore discuter longtemps des mérites respectifs des différentes gammes qui ont été présentées ici, et si certains esprits éminents prônent ceux de la gamme de Pythagore, d'autres recherchent de nouveaux compromis (comme la gamme à trente et […]
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