Encyclopædia Universalis, le portail de la connaissance
Zone de recherche

Dictionnaire

ATONALITÉ

C'est dans les premières années du xxe siècle, et surtout à partir de 1912 (année de la première audition du Pierrot lunaire d'Arnold Schönberg), que l'on commença à parler de musique « atonale » et, par extension, de ce qui devait être considéré, à tort, comme une technique – ou un ensemble de techniques – de composition musicale, et qui fut nommé « atonalité ».

En réalité, le mot atonalité ne s'applique à aucun style musical déterminé, mais il englobe tous les styles musicaux dans lesquels les règles du système tonal classique ne sont plus appliquées. Il existe donc à l'époque moderne, à partir du début du xxe siècle, quantité d'écoles musicales qui, à un titre ou à un autre, peuvent être qualifiées d'atonales. Le terme, toutefois, ne s'applique pas aux musiques qui existaient avant le système tonal et qui, par conséquent, n'y obéissaient pas encore. Jamais, par exemple, une musique modale (construite à partir d'un mode différent de celui de nos gammes classiques, majeures ou mineures) ne fut appelée atonale.

L'atonalité semble donc être moins liée à la disparition de la tonalité ou de la modalité qu'à celle […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages… Offre essai 7 jours

Autres références

« ATONALITÉ » est également traité dans :

BASSE, musique

Auteur :  Henry BARRAUD

Dans le chapitre "La basse chiffrée" : …  à la pesanteur. La basse y garde pourtant, au moins théoriquement, sa fonction traditionnelle. *C'est avec les premières recherches de la musique atonale que cette fonction commence à lui être délibérément contestée, pour en arriver à perdre toute raison d'être, au sein du système dodécaphonique mis au point par Schönberg après la guerre de… Lire la suite
BRIDGE FRANK (1879-1941)

Auteur :  Alain FÉRON

Sonate pour piano (1921-1924) inaugure véritablement le tournant stylistique du compositeur. *Son Troisième Quatuor à cordes (1925-1926), résolument atonal, ouvre la série des chefs-d'œuvre annoncée par cette sonate. Puis Bridge signe son extraordinaire et monumental Deuxième Trio pour violon, violoncelle et piano (1929), la… Lire la suite
CHROMATISME, musique

Auteur :  Alain FÉRON

du stade avancé dans lequel il trouva le langage musical. De fait, il sera le premier à faire un* usage non tonal du total chromatique. Notons qu'il rejetait le vocable « atonalisme », lui préférant l'expression « composition avec douze sons ». Entre 1920 et 1923, il composera les Cinq Pièces pour piano (Fünf Klavierstücke),… Lire la suite
COLEMAN ORNETTE (1930- )

Auteurs :  E.U.Alain GERBER

*Dès ses premiers enregistrements en 1958, l'altiste Ornette Coleman, secondé par le cornettiste Don Cherry, attire sur lui excommunications et sarcasmes en expérimentant une musique où l'on allait bientôt repérer l'amorce du free jazz. Alors que la révolution parkérienne n'a pas encore fini d'ébranler le petit monde du jazz, Coleman décide d'… Lire la suite
FOUILLAUD PATRICE (1949- )

Auteur :  Alain FÉRON

(1991), Souvenir du présent, pour hautbois, orchestre à cordes, harpe et clavecin (1993). *Le langage de ce créateur atonal est donc placé tout entier dans le registre expressif, sa musique obéit à une intériorité de la nuit régie par une attention sans failles à l'écriture et par un incoercible amour du métier artisanal. Là tout n'est qu'… Lire la suite

Afficher la liste complète (16 références)

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Retour en haut

Bibliographie

T. W. Adorno, Écrits musicaux : Quasi una fantasia (J.-L. Leleu éd.), coll. Bibliothèque des idées, Gallimard, Paris, 1982

P. Boulez, « Éventuellement », in La Revue musicale, Richard-Masse, Paris, 1952

Penser la musique aujourd'hui, Gonthier, Paris-Genève, 1964

coll. Tel, Gallimard, 1987

J. Chailley, Cours d'histoire de la musique, t. IV, Alphonse Leduc, Paris, 1990

A. Forte, The Structure of Atonal Music, Yale University Press, New Haven (Conn.), 1973

M. Hauer, Vom Wesen des Musikalischen, Breitkopf und Härtel, Berlin, 1923

R. Leibowitz, Schönberg et son école, La Flûte de Pan, Paris, 1947

Qu'est-ce que la musique de douze sons ?, Dynamo, Liège, 1948

Introduction à la musique de douze sons, L'Arche, Paris, 1949, 3e éd. 1981

G. Perle, Serial Composition and Atonality. An Introduction to the Music of Schoenberg, Berg, and Webern, University of California Press, Berkeley, 1962, 6e éd. 1991

C. Raff, Gestaltete Freiheit : Studien zur Analyse der frei atonalen Kompositionen A. Schönbergs, auf der Grundlage seiner Begriffe, Wolke, Hofheim, 2006

J. Rahn, Basic Atonal Theory, Schirmer Books, New York, 1980

J. Schillinger, Kaleidophone : New Resources of Melody and Harmony, M. Witmark, New York, 1940

A. Schönberg, Harmonielehre, Universal, Vienne, 1911

Le Style et l'idée, Buchet-Chastel, Paris, 1977, nouv. éd. 2002

B. Simms, « Who First Composed Twelve-Tone Music, Schoenberg or Hauer ? », in Journal of the Arnold Schoenberg Institute, vol. X, no 2, 1987

J. N. Straus, Introduction to Post-Tonal Theory, Prentice Hall, Englewood Cliffs (N. J.), 1990, 2e éd. 1999.

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2010, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média