Le système monétaire des États-Unis a connu bien des expériences, vécues comme une longue suite d'erreurs et d'apprentissages. Du point de vue de son organisation institutionnelle, il n'est doté d'une banque centrale que depuis 1913. Dans la recherche d'un régime monétaire optimal, le Congrès américain a écarté les modèles britannique ou français qui font, d'après lui, la part trop belle à une banque nationale placée sous le contrôle direct du gouvernement, et investie d'un pouvoir centralisateur. La deuxième tentative pour instaurer une banque nationale d'émission a avorté, après le veto opposé en 1836 par le président Andrew Jackson au renouvellement de la charte de la Second Bank of the United States : la voie de l'uniformisation et du monopole de l'émission monétaire qui devait permettre l'instauration d'une véritable banque centrale a ainsi été fermée pour longtemps. La première organisation bancaire fédérale durable n'a pris corps qu'en 1863, avec le Système bancaire national (National Banking System) et elle s'articulait non sur une banque centrale, mais sur une agence fédérale dépendant du Trésor, l'Office of the Comptroller of the Currency (O.C.C.). Après la création du Système fédéral de réserve (le Federal Reserve System, F.R.S. ou Fed), en 1913, une gestion partagée du régime monétaire s'est instaurée et il fallut attendre l'accord avec le Trésor, en 1951, pour que le Bureau des gouverneurs du Système fédéral de réserve conquière enfin l'autorité d'une banque centrale pour fixer les taux d'intérêt.
Un régime monétaire efficace doit s'efforcer de réaliser la stabilité monétaire et financière. La stabilité monétaire se rapporte à la variation des prix que déterminent l'ancrage nominal de la monnaie nationale et les conditions d'émission des espèces monétaires et des moyens de paiement substituables, les dépôts bancaires. Après avoir cherché en vain, pendant les années 1920 et la grande dépression des années 1930, des instruments de contrôle efficaces de la monnaie […]
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