Figure importante du cinéma italien, d'abord comme scénariste, puis comme cinéaste à partir de 1964, Ettore Scola a construit une œuvre composite et cohérente à la fois, dominant de sa stature la commedia all'italiana, où il excelle avec Risi, Monicelli et Comencini jusqu'à la fin des années 1970, mais parcourant aussi, souvent avec audace, des chemins stylistiques inédits. Il est également une des figures principales de la politique du cinéma en Italie, d'abord dans l'opposition, avec le Parti communiste devenu P.D.S., puis lié aux gouvernements de centre gauche à partir de 1996.
Ettore Scola est né à Trevico (Campanie). Sa carrière commence officiellement en 1952, mais, à dix-neuf ans, il participe déjà anonymement au scénario de grands films populaires comme Totòtarzan (Mario Mattòli, 1950). Totò sera présent en filigrane dans plusieurs de ses films, puisque le sujet principal du cinéma de Scola est la mémoire populaire prise dans l'histoire, et notamment la mémoire du cinéma lui-même. Le peuple italien dans son ensemble, c'est-à-dire ses ouvriers, ses employés, ses intellectuels ou ses artistes, leurs traditions, leur façon de traverser l'histoire, les changements politiques, idéologiques et moraux auxquels ils se trouvent confrontés, est son premier thème de travail. Comme une grande partie de ses confrères, il a retenu la leçon de Gramsci sur la culture populaire, les relations entre l'individu, l'histoire et l'idéologie. Bien que jamais dénué d'amertume, son cinéma choisit presque toujours les armes de la comédie.
Collaborant longtemps avec le scénariste Maccari, les cinéastes Risi et Pietrangeli, Scola débute comme réalisateur avec des comédies assez légères, son premier grand film étant Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? (1968). Les piliers de la commedia all'italiana que sont les scénaristes Age et Scarpelli, et les comédiens Nino Manfredi, Bernard Blier ou Alberto Sordi y font merveille, associés à la maestria du réalisateur. Avec Age et Scarpe […]
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