Cinéaste et acteur italien, Pietro Germi est né à Gênes. Élève du Centre expérimental du cinéma de Rome, scénariste et assistant de Alessandro Blasetti (1939-1943), il débute dans la mise en scène en 1946 avec Le Témoin (Il Testimone) dont il a écrit le scénario avec Cesare Zavattini et Diego Fabbri.
Prix du scénario au festival de Venise, ce film est à l'origine de sa carrière de cinéaste. À partir de 1956, il assure fréquemment un rôle dans ses propres films, tout en continuant à jouer çà et là dans ceux d'autrui : Fuga in Francia (1948) de Mario Soldati, Jeux précoces (Il Rossetto, 1960), de Damiano Damiani ; La Viaccia (1961), de Bolognini, etc. En 1966, son film Signore e Signori se partage la palme d'or à Cannes avec Un homme et une femme de Claude Lelouch, en dépit de l'accueil plus que réservé du public.
L'œuvre de Germi est, quant au fond, comparable à son jeu comme interprète : sa franchise va jusqu'à la rudesse et à l'âpreté. On peut, sans dommage, passer sur un certain nombre de mélodrames « sérieux » mais assez conventionnels, tels que Jeunesse perdue (Gioventù perduta, 1947), Traqué dans la ville (La Città si difende, 1951), et même un vaudeville, d'ailleurs bien enlevé, Mademoiselle la présidente, (1952).
Deux périodes se partagent sa carrière. Dans la première, Germi attaque de front certains problèmes économiques et politiques ; sa robustesse n'est pas exempte de lourdeur, et seule l'excellence de ses interprètes sauve ses films du schématisme. Cette volonté démonstratrice, assez pesante dans Le Chemin de l'espérance (Il Camino della speranza, 1950), tentative « néo-réaliste », non sans justesse dans les détails, d'analyse de l'émigration sicilienne et dans Le Disque rouge (Il Ferroviere, 1956), s'élève au-dessus d'elle-même dans L'Homme de paille (L'Uomo di paglia, 1958). En outre, Germi a l'originalité d'aborder la description de milieux sociaux négligés : Au nom de la loi (In nome della legge ; 1949) attaque, non sans certaines précautions, la Mafia en Sicile ; Le Disque rouge étudie attentivement la vie des cheminots. Ap […]
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