Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le cinéma italien connaît un épanouissement qui durera jusqu'au début des années 1980, épanouissement auquel participe toute une génération de cinéastes et d'acteurs qui ont commencé leur carrière entre la toute fin des années 1930 et l'immédiat après-guerre. Parmi les nombreux comédiens qui font alors leurs débuts à l'écran, dix à douze d'entre eux vont devenir de très grandes vedettes. L'un deux, Marcello Mastroianni, l'acteur italien le plus célèbre hors de la Péninsule, a, en quelque sorte, incarné le cinéma italien de l'âge d'or qui va de la Libération au milieu des années 1970.
La filmographie de Marcello Mastroianni apparaît en effet comme un panorama exemplaire et une fresque unique du cinéma italien sur près d'un demi-siècle. Il a tourné avec les plus grands réalisateurs, et il n'est pas genre dans lequel il ne se soit illustré, si ce n'est le « péplum », nonobstant un film d'aventure en costume, et le « western spaghetti » (encore que Touche pas à la femme blanche de Marco Ferreri, 1975, s'y apparente), pas une tendance artistique à laquelle il n'ait participé.
1. Le jeune premier
Né le 28 septembre 1924 à Fontana Liri, dans les Abruzzes, où son père est menuisier, Marcello Mastrojanni, qui remplacera ultérieurement le « j » initial par un « i », fait son entrée dans le monde du cinéma en tant que figurant, à la fin des années 1930. Il commence à sérieusement s'intéresser à l'art dramatique au lendemain de la guerre alors que, travaillant comme comptable dans une société de production-distribution britannique, l'Eagle Lion, afin de payer ses études en architecture à l'université de Rome, il participe à l'activité d'une troupe de théâtre amateur. Il y est remarqué par un assistant de Luchino Visconti qui l'engage. Sous la direction de celui-ci, il va apprendre le métier et jouer, de 1948 à 1956, dans des pièces de Shakespeare, Goldoni, Alfieri, Tchekhov, Arthur Miller et Tennessee Williams.
Dans le même temps, Marcello Mastroianni progres […]
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