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KUMMER ERNST EDUARD (1810-1893)

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Le mathématicien allemand Kummer est un des fondateurs de la théorie des nombres algébriques. Ses tentatives pour établir le « grand théorème » de Fermat l'ont conduit à étudier la divisibilité dans les corps cyclotomiques et à introduire, à cet effet, ses célèbres « nombres idéaux » (cf. théorie des nombres – Nombres algébriques). Cette notion essentielle, rendue ensuite plus maniable par R. Dedekind, est à la base de la théorie générale des idéaux, qui fut développée par D. Hilbert, puis par E. Noether et qui est devenu l'un des outils essentiels de l'algébriste.

1.  Éléments biographiques et premiers travaux

Ernst Eduard Kummer est le second fils d'un médecin de Sorau, dans l'ancienne Prusse, actuellement en Pologne. Il avait trois ans lorsqu'il perdit son père. La veuve, malgré sa pauvreté, fit faire des études à ses deux enfants, et, à dix-huit ans, Ernst Eduard fut inscrit en théologie à l'université de Halle. Le professeur de mathématiques, F. Scherk, lui donna le goût de l'algèbre et de la théorie des nombres et il abandonna bientôt la théologie pour les sciences exactes. En 1831, il était docteur en mathématiques. Professeur au gymnase de Liegnitz, il y eut pour élève Leopold Kronecker. Nommé, en 1842, à l'université de Breslau, il y enseigna jusqu'en 1855, date à laquelle il succéda à P. G. Lejeune-Dirichlet (1805-1859) à l'université de Berlin. Il devint, la même année, membre effectif de l'Académie de Berlin, dont il était membre correspondant depuis 1839. En plus de sa chaire à l'Université, il professait à l'École militaire. En 1884, il prit sa retraite, et vécut ensuite très retiré. Il mourut de l'influenza, à Berlin.

Les premiers travaux qui lui assurèrent un nom dans l'histoire de la science se rapportent aux séries, aux intégrales définies et à l'intégration des équations différentielles. Son mémoire sur la fonction hypergéométrique (1836) constitue un important complément aux travaux de C. F. Gauss sur ce sujet. Habile algébriste, il décompose le discriminant de l'équation qui détermine les axes d'une quadrique en une somme de sept carrés. Ses études sur les congruences dans l'an […]

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« KUMMER ERNST EDUARD (1810-1893) » est également traité dans :

ALGÈBRE

Écrit par :  Jean-Luc VERLEY

Dans le chapitre "La théorie des idéaux"  : …  explique, dans le langage moderne, par le fait que ces deux anneaux sont principaux. Les travaux de *Kummer sur le théorème de Fermat allaient faire apparaître des anneaux pour lesquels la situation est souvent très différente ; il s'agit des anneaux cyclotomiques ainsi définis : p étant un nombre premier et ζ étant une racine primitive Lire la suite
DEDEKIND RICHARD (1831-1916)

Écrit par :  Jean DIEUDONNÉ

Dans le chapitre "Les « nombres idéaux »"  : …   siècle, aucune solution générale de ces problèmes n'était en vue. Le pas décisif fut fait par *Kummer en 1847, pour l'anneau Am engendré par les racines m-ièmes de l'unité (entier arbitraire) ; en introduisant, à côté des éléments de Am, ce qu'il appelait des « nombres idéaux », il… Lire la suite
DIOPHANTIENNES ÉQUATIONS

Écrit par :  Jean-Louis COLLIOT-THÉLÈNEMarcel DAVID Universalis

Dans le chapitre "Le grand théorème de Fermat"  : …  solution dont l'un des nombres soit multiple de n. Cette étude générale fut entreprise par *Kummer en 1844 et utilise le corps Q (ρ) des nombres algébriques de degré (n − 1) définis par l'équation ρn − 1 = 0. En effet, si α est une racine primitive n-ième de l'unité, l'équation de Fermat s'… Lire la suite
FERMAT PIERRE DE (1601-1665)

Écrit par :  Catherine GOLDSTEINJean ITARD Universalis

Dans le chapitre "Les premiers résultats généraux"  : …  professionnels, chercheurs et enseignants, de plus en plus spécialisés. Les effets furent rapides : *vers 1850, Ernst Eduard Kummer, professeur à l'université de Breslau (avant de devenir une des grandes personnalités de l'université de Berlin) démontra que le théorème de Fermat est vrai pour tous les exposants premiers inférieurs à 100 (sauf trois… Lire la suite
KRONECKER LEOPOLD (1823-1891)

Écrit par :  Jean DIEUDONNÉ

Le mathématicien allemand Kronecker nous apparaît, avec *Kummer, comme l'un des plus grands arithméticiens du xixe siècle et l'un des fondateurs de la « grande » théorie des nombres algébriques. Ses travaux sur le corps de classes dans un cas particulier ont préparé ceux de Hilbert et… Lire la suite
NOMBRES (THÉORIE DES) - Nombres algébriques

Écrit par :  Christian HOUZEL

Dans le chapitre "« Dernier théorème de Fermat »"  : …  Z), que Lamé admettait implicitement, n'était pas forcément justifiée. Il se trouve que *Kummer, qui étudiait ces nombres depuis 1843, avait publié dès 1844 un article dans lequel il montrait que la décomposition unique en facteurs premiers n'a pas lieu pour n = 23. L'intérêt de Kummer pour les « entiers cyclotomiques » du type… Lire la suite

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