Dès l'aube de l'humanité, sous toutes les latitudes, on retrouve des traces qui témoignent que l'homme n'a cessé de s'interroger sur la douleur, de lui donner un sens et de chercher à la combattre. À l'aube du IIIe millénaire, on doit constater que la douleur demeure très imparfaitement comprise et maîtrisée dans de nombreuses situations cliniques. Il n'est pas surprenant dès lors que des concepts théologiques ou philosophiques aient conféré à la douleur une valeur rédemptrice ou d'épreuve à dépasser.
Il faut attendre le xixe siècle pour qu'apparaissent deux bouleversements : la découverte du pouvoir anesthésique de l'éther, qui marquera le développement de l'anesthésie, et la découverte du principe actif analgésique de l'opium : la morphine.
Depuis une trentaine d'années, une masse considérable de connaissances sur la neurobiologie de la douleur s'est accumulée, mais ces progrès de la connaissance n'ont pas encore débouché sur de nouvelles méthodes de traitement de la douleur. On attend toujours l'antalgique idéal qui viendrait détrôner les deux antalgiques de référence : la morphine et le déjà centenaire paracétamol.
Pendant longtemps, de nombreux facteurs et idées reçues, philosophico-métaphysiques ou médicales, ont retardé la prise en charge optimale de la douleur. Cependant, la prise de conscience relativement récente de la nécessité de mieux la combattre en utilisant les moyens aujourd'hui disponibles constitue un progrès, car la douleur n'est pas simplement un symptôme : du fait de son intensité ou de sa persistance, c'est un phénomène extrêmement agressif et destructeur pour tout individu.
Pourtant, la nociception (processus physiologique de la douleur) assure une fonction de signal d'alarme en informant l'organisme de la présence d'un désordre susceptible de lui nuire. Il importe donc de contrôler la douleur tout en la considérant comme un élément de surveillance de la progression de la maladie. Cette surveillance permettra de constater l'effet des traitements sur la […]
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