4. Le directeur de la manufacture royale des Gobelins
Ce sont les mêmes principes qui guidèrent le travail de Le Brun aux Gobelins. Les ameublements qui y étaient fabriqués pour les palais royaux se bornaient rarement au rôle de pure décoration Les scènes des tapisseries visaient à glorifier les hauts faits et les vertus du roi ; c'est le cas de l'Histoire d'Alexandre, héros à qui il fut souvent comparé, de la série des Mois ou de l'Histoire du roi. Les produits des Gobelins étaient des moyens de propagande, qu'ils fussent utilisés pour impressionner les visiteurs de la cour ou offerts en cadeaux aux ambassadeurs étrangers. La qualité de leur dessin, la richesse de leur matière, leur longue élaboration, aussi bien que leurs sujets mêmes, proclamaient la prospérité et la stabilité de la France. À ceux, plus modestes, qui ne pouvaient prétendre à des tapisseries, on offrait des gravures dont les dessins propageaient le même message et s'accompagnaient souvent de textes imprimés destinés à faire parfaitement comprendre leur signification allégorique.
Mais il ne faudrait pas négliger les mérites artistiques de celui qui les créait. Les tapisseries étaient tissées d'après des cartons finis, souvent copiés sur des tableaux, que les tisserands avaient l'obligation de suivre avec une fidélité rigoureuse ; cependant, les projets de Le Brun étaient toujours adaptés aux moyens techniques.
La grande quantité d'argenterie exécutée d'après ses dessins fut fondue avant même sa mort, pour payer les campagnes militaires de Louis XIV, mais les dessins et gravures qui demeurent prouvent qu'elle était riche sans être exagérément élaborée ou lourde, de forme harmonieuse et solide.
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