Fédéralisme, monarchie constitutionnelle et parlementarisme de type britannique, tels sont les caractères essentiels du régime politique canadien. Bien que les traditions anglaises, les coutumes françaises et le mode de vie américain aient profondément marqué le pays, des facteurs géographiques, économiques et sociaux ont néanmoins conféré un style original à la vie politique du Canada. S'il possède aujourd'hui les mêmes structures politiques que lors de la création de la fédération en 1867 (mis à part la reconnaissance de sa pleine indépendance vis-à-vis de Londres par la réforme constitutionnelle de 1982), le cadre, le processus et l'esprit de la vie politique canadienne ont beaucoup évolué. Le Canada compte maintenant dix provinces au lieu de quatre voici un siècle. Le système électoral, le régime des partis, la participation des citoyens à la vie publique offrent peu de similitude avec la vie politique des débuts de la « Confédération ». Au fédéralisme très centralisé établi en 1867 s'est substitué un régime favorisant un meilleur équilibre entre le gouvernement d'Ottawa et ceux des provinces.
Si l'industrialisation et l'urbanisation ont favorisé l'éclosion de nouveaux groupes politiques et réduit le monopole électoral détenu au début du siècle par les régions rurales, les fermiers, en particulier ceux de l'Ouest, représentent encore une force dont doivent tenir compte les grands partis fédéraux. Une immigration massive a, d'autre part, modifié la dualité culturelle d'antan et conféré aux autres groupes ethniques un important rôle politique, surtout dans les Prairies et dans les centres métropolitains de Montréal et de Toronto. Le progrès de l'éducation et le développement des moyens de communication et de diffusion ont changé les attitudes politiques de la majorité des Canadiens. Le bipartisme est remis en question. L'intervention de plus en plus grande de l'État dans la vie des citoyens a favorisé un accroissement du pouvoir et des attributions du Cabinet (l'exécutif) […]
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