Depuis une époque déjà lointaine en Orient, pendant trois siècles en Occident, les cafés ont joué un rôle fondamental dans l'histoire des idées, des arts et de la chose écrite. Ils ont servi de bureaux académiques, de salles de lecture, de poste, de lieux d'écriture ou de réunion, de salles des ventes, de compagnies d'assurance, de cellules de méditation, de microcosmes pour penser ou pour rêver, de rendez-vous galants ou de quartier général de conspirateurs ou de révolutionnaires, de scènes pour des lectures poétiques, parfois de musées. Ils font souvent office de salons démocratiques et de laboratoires pour les pensées les plus audacieuses et les formes les plus novatrices. Il n'existe pas une forme spécifique et définie du café littéraire : sa physionomie et son esprit varient selon les époques, les lieux, le caractère de ses habitués, les contrastes des différents milieux et des différentes personnalités qui s'y côtoient. Du café de poètes au café d'artistes, du café le plus humble au plus fastueux, du café aux mœurs légères à celui qui imite les palais de l'aristocratie, en passant par ses déclinaisons, comme le cabaret artistique dont la formule évolue et se diversifie à s […]
