6. Dérivés halogénés
Les dérivés normaux BX3, de formation très exothermique, sont très stables. On a identifié, mais non isolé, des dérivés mixtes (par exemple BF2Cl...). On connaît, de plus des halogénures B2X4, peu stables, obtenus en particulier par décharge électrique sous basse pression dans BX3 et qui se décomposent en donnant (BX)n.
Les halogénures BX3 s'obtiennent, de façon classique, par action de l'halogène ou d'un dérivé halogéné sur du bore, un dérivé du bore ou sur un mélange d'anhydride borique et de charbon.
Le fluorure de bore est préparé en particulier par action sur l'anhydride borique, du fluoborate de potassium, de la cryolite ou d'un mélange de fluorure de calcium et d'acide sulfurique, mélange qui libère de l'acide fluorhydrique.
La molécule des halogénures de bore est plane, le bore étant au centre d'un triangle équilatéral. N'étant pas dipolaires, ces corps ne sont pas ionisants.
Alors que les autres halogénures s'hydrolysent de façon brutale, le fluorure de bore est très soluble dans l'eau ; il donne en particulier de l'acide fluoborique H(BF4) :

Les halogénures de bore donnent des composés de Van der Waals relativement peu stables et surtout, par suite de leur déficit électronique, des composés de coordination avec des molécules ou des ions contenant un atome donneur (O, S, N, P, X...). Suivant le cas, ces combinaisons sont plus ou moins dissociables à chaud et plus ou moins hydrolysables. Ceci entraîne que le fluorure de bore (et à un degré moindre le chlorure) est, soit à l'état libre, soit à l'état de combinaisons, un catalyseur extrêmement important en chimie organique, car il est doué d'une activité exceptionnelle, très supérieure à celle du chlorure d'aluminium. Il est utilisé dans des réactions d'addition, d'isomérisation, de polymérisation, d'alcoylation..., puisque, pratiquement, il se combine à toutes les fonctions organiques.
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