4. Un livre révélé
La Bhagavad Gītā a eu et conserve encore de nos jours une grande importance dans la pensée indienne ; elle a connu une extraordinaire diffusion. Sauf dans certains milieux shivaïtes, elle a sa place dans tous les courants religieux brahmaniques ; on l'y considère comme un livre saint, à l'égal des Veda et des Upaniṣad, incluse dans la Révélation (śruti), alors que le reste du Mahābhārata fait seulement partie de la tradition (smṛti).
À cause de cette situation privilégiée, les plus grands philosophes lui ont consacré de nombreux commentaires, y compris Śankara que ses doctrines monistes auraient dû écarter d'un texte aussi piétiste. Parmi les plus célèbres vedāntins, il faut citer aussi Rāmānuja (xie s.) et Madhva (xiiie s.), qui s'inscrivent plus naturellement dans la ligne de la Gītā. On ne peut non plus passer sous silence Abhinava Gupta (xie s.), shivaïste du Kaśmir, qui en a commenté les différents thèmes, ni la faveur que ce texte a connue dans les milieux de bhakti du Bengale aux xve-xvie siècles.
Plus près de nous, les penseurs religieux indiens des xixe et xxe siècles – Râmakrishna et Śrī Aurobindo, par exemple – ont également étudié la Gītā. Mais il faut souligner plus encore l'influence qu'elle a exercée auprès des foules dont elle a depuis deux mille ans alimenté la piété.
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