Penseur hindou dont le nom reste attaché à une tentative pour instaurer une philosophie qui, tout en restant fidèle aux principes du vedānta, permette le plein exercice de la dévotion. L'une des propositions majeures du vedānta étant l'affirmation selon laquelle l'ātman (« âme ») est identique au brahman (l'« absolu », le « principe » de toutes choses), Shankara (viiie s.) en concluait à un monisme intégral (advaita-vedānta), de telle sorte que seule la connaissance, c'est-à-dire la prise de conscience par l'individu de l'équation ātman = brahman, pût assurer la délivrance des liens de la transmigration.
Cependant, Madhva, qui était brahmane et originaire du Maisūr (Mysore, État du sud de l'Inde), se voulait fidèle non seulement au Veda proprement dit, mais à d'autres textes tels que la Bhagavad Gītā et le Bhāgavata Purāna, fondements de la dévotion (bhakti) à Krishna (Kṛṣṇ). Des Écritures ainsi choisies par lui il déduisait que partout dans l'univers se manifeste le principe de distinction (bhidā) : par exemple, entre l'animé et l'inanimé, entre l'âme et le Seigneur, entre une âme et une autre, entre une chose et une autre. Or ces distinctions, qui par […]
