2. Structure générale
Le premier chant débute par les questions du vieux roi aveugle Dhṛtārạṣṭra, père des Kaurava et oncle des Pāṇḍava, à son sūta auquel il demande de lui décrire le champ de bataille. C'est ce sūta qui rapporte au souverain le dialogue entre Arjuna et Kṛṣṇa. La bataille va commencer ; Arjuna fait arrêter son char entre les deux armées, dépeint à Kṛṣṇa le désarroi où le plonge ce spectacle et rejette ses armes.
Le chant II, l'un des plus longs, pose déjà les principaux thèmes que traitera tout le poème : l'éternité de l'ātman, suivant la doctrine des Upaniṣad, la nécessité d'agir en se désintéressant du fruit de l'action. Dès ce chant, Arjuna appelle son interlocuteur Keśava, l'une des épithètes de Viṣṇu-Vāsudeva.
Le chant III traite de la discipline de l'action et proclame égales pour le salut la voie de la spéculation (selon les vues du sāṃkhya) et celle de l'acte (yoga) ; toutefois le chant IV affirme encore la valeur du sacrifice védique, tout en célébrant, à côté de cet aspect traditionnel, les avatāra, incarnations de Viṣṇu. Le chant V est à la louange du yoga en tant que technique d'unification. Également imprégné de yoga, le chant VI enseigne qu'il faut joindre renoncement et méditation et, dans le prolongement d'une attitude, le chant VII exalte vijñāna, la connaissance intuitive, l'opposant à la connaissance médiate, jñāna, qui n'est que préparatoire.
C'est au chant IX que commence d'apparaître ce sentiment d'amitié entre le Seigneur et ses fidèles caractéristique des cultes de dévotion (bhakti) ; les chants X et XI sont consacrés aux manifestations multiples de l'Absolu. Au chant XII, Kṛṣṇa proclame l'excellence de la troisième voie du salut, supérieure aux deux autres, la discipline de la dévotion.
Les chants XIII à XVII, beaucoup plus spéculatifs, se conforment aux enseignements du sāṃkhya concernant la théorie des guṇa, les trois constituants de la nature. Le dernier chant revient sur la doctrine du renoncement libérateur, qui n'est pas renoncement à l'activité elle-même, mais à ses fruits.
Les trois vers ultimes répondent aux premiers : c'est Sañjaya, le sūta de Dhṛtarāṣ⃛ra, qui clôt le récit-cadre.
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