4. Du Xe siècle à la fin du Moyen Âge
L'Empire carolingien marque un des sommets de la prospérité des monastères. Sa dislocation et les invasions normandes, hongroises et sarrasines en ruinèrent plusieurs et jetèrent des moines sur les routes. Le relèvement fut rapide et le xe siècle fut, surtout dans sa seconde moitié, une époque de développement des ordres monastiques. Fondé en 910, Cluny jouit d'une célébrité méritée, mais il ne faut pas oublier que la caractéristique de cette époque était la multitude des centres rayonnants : si Brogne comme Cluny était une fondation nouvelle, le Mont-Blandin, près de Gand, Gorze, Saint-Vanne de Verdun, Saint-Benoît de Fleury-sur-Loire, Saint-Bénigne de Dijon, Fécamp étaient des abbayes anciennes qui, sous l'impulsion d'abbés énergiques, avaient retrouvé la jeunesse et diffusaient leur idéal, surtout en introduisant des moines dans des sanctuaires desservis par des clercs – ce qui fut le cas du Mont-Saint-Michel en 966. Ces abbayes restaurées se constituèrent de vastes domaines dans lesquels elles créèrent des réseaux de prieurés, où résidaient quelques moines qui exercèrent une influence économique certes, mais aussi religieuse. Durant les xie et xiie siècles, beaucoup d'églises paroissiales furent confiées aux moines qui les reconstruisirent ; ces églises ont subsisté un peu partout, enrichissant le paysage français. Les abbés de Cluny transmirent à leurs successeurs l'autorité dont ils jouissaient sur les monastères, alors qu'ailleurs les liens entre monastères disparaissaient avec la mort de l'abbé réformateur. Malgré l'absence d'un lien juridique, les abbayes adoptèrent des coutumes assez semblables, ce qui s'explique par leur idéal commun et aussi par le fait que des rédacteurs s'inspirèrent tous de la tradition léguée par Benoît d'Aniane et utilisèrent fréquemment les coutumes de Cluny. Le renouveau monastique s'étendit à toute l'Europe. En Italie, les abbés de Cluny exercèrent leur influence sur des abbayes aussi célèbres que Saint-Paul-hors-les-Murs, Subiaco et […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



