Né dans l'Orléanais, Abbon, encore enfant, est offert par ses parents au monastère bénédictin de Fleury (aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire) où il vient enseigner après avoir étudié à Paris et à Reims. Appelé à diriger l'école abbatiale de Ramsay (Yorkshire), il revient à Fleury pour en être bientôt élu abbé (988). Son œuvre se confond, dès lors, avec son effort pour la réforme de l'Église. Il lutte avec âpreté contre les ingérences des évêques dans les affaires des abbayes et leurs empiétements sur les droits des moines, ainsi que pour l'indépendance des monastères par rapport à tout autre pouvoir, laïc ou ecclésiastique, que celui du pape. Il s'intègre donc dans le grand mouvement de la réforme clunisienne dont il sera le principal promoteur dans les pays anglais et même germaniques. Jusqu'à sa mort, il s'oppose aux évêques sur les terrains économique, juridique et moral, dans des polémiques parfois violentes dont il reste de nombreux échos dans son Apologie et dans son importante correspondance. À cette occasion, il fait œuvre de canoniste et contribue largement à l'élaboration de la doctrine sur le pouvoir pontifical. Il fut l'un des premiers à raviver et à développ […]
