5. Le traitement de l'information dans les centres
Comme nous venons de le voir, le nerf cochléaire est le vecteur d'informations concernant, d'une part, la hauteur tonale, codée par la localisation du message sensoriel dans telle population de fibres, et, pour les sons graves, par la périodicité de la décharge des potentiels d'action, et, d'autre part, l'intensité de la stimulation, codée par la fréquence des potentiels d'action et le recrutement d'un nombre de fibres plus ou moins important dans le nerf auditif. Il y a loin de ces données fondamentales mais élémentaires à la richesse de notre univers sonore, et c'est le rôle du système nerveux central d'extraire du message brut, de relais en relais, de nouvelles informations concernant en particulier la localisation de la source sonore dans l'espace et la structure des sons complexes.
Les voies auditives ont une organisation complexe. Très schématiquement, le message auditif est traité à quatre niveaux : le tronc cérébral (noyaux cochléaires et complexe olivaire supérieur), le mésencéphale (colliculus inférieur), le diencéphale (corps genouillé médian) et le cortex. Après le premier relais dans le noyau cochléaire, la projection est bilatérale, avec cependant une dominance controlatérale. Ainsi, chaque structure reçoit des informations en provenance des deux oreilles.
Bien qu'il reste beaucoup à faire dans le domaine de la physiologie des centres auditifs, l'originalité fonctionnelle des diverses structures peut être esquissée, des noyaux cochléaires aux diverses aires corticales. Cette originalité fonctionnelle coexiste avec une stricte cochléotopie, c'est-à-dire une répartition, dans le volume de chaque structure, des projections des diverses régions de l'épithélium sensoriel (membrane basilaire et cellules ciliées). En conséquence, à l'étalement des fréquences audibles sur la longueur de la membrane basilaire correspond une distribution systématique de ces fréquences dans les structures centrales[…]
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