Le musée des Arts et Traditions populaires présentait naguère au cours d'une exposition une douzaine de crémaillères, toutes dues à d'anonymes ferronniers, ou plus exactement à des maréchaux-ferrants inconnus, à faire blêmir d'envie tous les González et tous les César de la terre tant la fonction de suspendre des marmites au-dessus des flammes y avait été l'occasion magistrale d'invention plastique, y avait fourni prétexte à poésie en même temps qu'à virtuosité artisanale. Ces crémaillères ont été forgées par les pères des naïfs, c'est-à-dire les grand-pères de l'art moderne. Cette hypothèse a de fortes chances de serrer la vérité de près : quand les naïves, parfois obscures et quelquefois folles inventions des forgerons de village, des potiers champêtres et des menuisiers campagnards (et il ne s'agissait pas du tout de cas isolés, car le peu de moyens et l'inventivité extrême développée par la pénurie chez qui demeure cependant en contact avec les forces de la nature poussèrent souvent le paysan à être son propre maréchal, son propre charpentier et son propre maçon), quand ces inventions furent ruinées par la concurrence de la pacotille manufacturée que la révolution industriel […]
Autres références
« NAÏF ART » est également traité dans :
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ART BRUT
Auteurs :
Hubert DAMISCH, Hervé GAUVILLE
Dans le chapitre "Art brut, art naïf, art psychopathologique" : …
époque se veut particulièrement friande et qu'elle classe, sans trop de rigueur, sous les rubriques* d'art dit « naïf », d'art enfantin ou d'art prétendu « primitif ». La ligne de partage que dessine dans le champ esthétique la prise en considération de l'« art brut », cette ligne ne passe pas à l'intérieur de la culture, et ce n'est pas davantage…
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BAUCHANT ANDRÉ (1873-1958)
Auteur :
Pierre ROBIN
*Paysan de Touraine, André Bauchant n'a commencé à peindre qu'à l'âge de quarante-sept ans ; il expose pour la première fois, en 1921, au Salon d'automne. Très vite, il va occuper une place de premier plan parmi les « maîtres populaires de la réalité » (popularité consacrée par Diaghilev qui lui commande le décor d'Apollon Musagète). On…
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BOMBOIS CAMILLE (1883-1970)
Auteur :
Pierre ROBIN
*Fils d'un batelier, Camille Bombois fut tour à tour gardien de troupeaux, valet de ferme, hercule de foire, terrassier, typographe, avant de pouvoir, à partir de 1922, se consacrer entièrement à la peinture. L'œuvre de ce maître de l'art naïf est l'un des plus authentiquement et des plus savoureusement populaires, même si, la célébrité venue, il a…
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CHEVAL FERDINAND (1836-1924)
Auteur :
Pierre ROBIN
*Né à Charmes, dans la Drôme. Facteur rural à Hauterives, Ferdinand Cheval dispose d'un petit bagage de connaissances géographiques, historiques et scientifiques. Fonctionnaire sans reproche, il semble avoir été également bon époux et bon père. Il est donc voué manifestement, en dépit de son nom de centaure postal, à l'une de ces existences sans…
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FOUÉRÉ ADOLPHE JULIEN (1842-1910)
Auteur :
José PIERRE
*C'est à l'âge de quarante ans que l'abbé Fouéré, plus généralement désigné comme « l'ermite de Rothéneuf » ou « l'ancien recteur » par les autochtones, entreprend de sculpter les rochers du rivage de l'une des avancées du littoral breton entre l'estuaire de la Rance et la baie du Mont-Saint-Michel. Le thème qu'il choisit de traiter, c'est l'…
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Bibliographie
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N. Brodskaïa & V. Rau, L’Art naïf, Parkstone, New York, 2007
C. Delacampagne, Outsiders. Fous, naïfs et voyants dans la peinture moderne, 1880-1960, Mengès, Paris, 1989
J.-M. Drot, Journal de voyage chez les peintres de la Fête et du Vaudou en Haïti, Genève, 1974
C. Guillot, Le Douanier Rousseau. Jungles à Paris, catal. expos. Galeries nationales du Grand Palais, Réunion des musées nationaux, Paris, 2006
H. Hubmann, Garten der Traüme, Munich, 1973
A. Jakovsky, La Peinture naïve, Paris, 1947
Éros du dimanche, Paris, 1964
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S. Janis, They Taught Themselves, New York, 1942
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W. Uhde, Cinq Maîtres primitifs, Paris, 1949.
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