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NAÏF ART

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5.  Un geste lyrique et mythique

À quoi rime alors cette patience d'ange avec laquelle Miguel Vivancos, Louis Vivin ou Arvid Widerberg comptent les pavés de la chaussée et les pierres de la muraille, avec laquelle André Demonchy, Dominique Lagru et Philomé Obin énumèrent feuille après feuille, avec laquelle Grandma Moses, Horace Pippin et Josabeth Sjöberg retiennent les moindres gestes de la vie quotidienne (cet aspect, curieusement, est le moins répandu de tous parmi les naïfs : la vérité humaine d'une attitude leur importe infiniment moins que l'ourlet d'une fleur, le motif d'une dentelle ou le dessin d'une plaque d'égout) ? Alors qu'eux-mêmes sans doute s'imaginent dresser l'inventaire minutieux d'un instant donné, comme dans l'intention magique de préserver cet instant de l'oubli et de la mort (ce qui, de toute façon, les met assez loin de Courbet ou de Manet et en opposition absolue au « réalisme socialiste »), ils débouchent sur la poésie. Le plus quotidien des spectacles est complètement transfiguré par leur geste qu'ils ont cru de pur enregistrement et qui était en réalité choix esthétique et psychologique, geste lyrique et mythique. Car ils sont tout naturellement des créateurs de mythes, ce qui apparaît plus nettement chez Rousseau, Lagru et Henri Trouillard, mais peut se déceler chez la plupart des autres. En cela, ils parachèvent la déconfiture du calendrier des postes, doublement condamné en raison de la platitude de la forme et de celle du message. Et c'est ce dont l'art moderne leur est redevable par-dessus tout : d'avoir opposé à un art exsangue et déprécié la fraîcheur et la modernité d'un art puisant toutes ses forces dans le désir individuel (à peu près totalement inconscient) de « changer la vie ». Dette encore bien souvent ignorée ou contestée, à la faveur notamment de ce que l'appellation d'art « naïf » a d'hypocritement paternaliste et protecteur, c'est-à-dire de condescendant. C'est tout juste si l'on commence à consentir à Henri Rousseau une énorme respon […]

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ART BRUT

Écrit par :  Hubert DAMISCHHervé GAUVILLE

Dans le chapitre "Art brut, art naïf, art psychopathologique"  : …  époque se veut particulièrement friande et qu'elle classe, sans trop de rigueur, sous les rubriques* d'art dit « naïf », d'art enfantin ou d'art prétendu « primitif ». La ligne de partage que dessine dans le champ esthétique la prise en considération de l'« art brut », cette ligne ne passe pas à l'intérieur de la culture, et ce n'est pas davantage… Lire la suite
BAUCHANT ANDRÉ (1873-1958)

Écrit par :  Pierre ROBIN

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BOMBOIS CAMILLE (1883-1970)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Fils d'un batelier, Camille Bombois fut tour à tour gardien de troupeaux, valet de ferme, hercule de foire, terrassier, typographe, avant de pouvoir, à partir de 1922, se consacrer entièrement à la peinture. L'œuvre de ce maître de l'art naïf est l'un des plus authentiquement et des plus savoureusement populaires, même si, la célébrité venue, il a… Lire la suite
CHEVAL FERDINAND (1836-1924)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Né à Charmes, dans la Drôme. Facteur rural à Hauterives, Ferdinand Cheval dispose d'un petit bagage de connaissances géographiques, historiques et scientifiques. Fonctionnaire sans reproche, il semble avoir été également bon époux et bon père. Il est donc voué manifestement, en dépit de son nom de centaure postal, à l'une de ces existences sans… Lire la suite
FOUÉRÉ ADOLPHE JULIEN (1842-1910)

Écrit par :  José PIERRE

… *C'est à l'âge de quarante ans que l'abbé Fouéré, plus généralement désigné comme « l'ermite de Rothéneuf » ou « l'ancien recteur » par les autochtones, entreprend de sculpter les rochers du rivage de l'une des avancées du littoral breton entre l'estuaire de la Rance et la baie du Mont-Saint-Michel. Le thème qu'il choisit de traiter, c'est l'… Lire la suite
GRANDMA MOSES (1860-1961)

Écrit par :  Pierre GEORGEL

… *Illustre centenaire de la peinture américaine, Grandma Moses, de son véritable nom Anna Mary Robertson, était une fermière de la Nouvelle-Angleterre, épouse de Thomas S. Moses, qui à près de quatre-vingts ans se prit de passion pour la peinture. Elle se consacra à la peinture, qui l'avait déjà attirée au cours des années vingt, avec tout le naturel… Lire la suite
HICKS EDWARD (1780-1849)

Écrit par :  Universalis

…  qu'il compose lui-même, comme ceux qui encadrent sa vue des chutes du Niagara. Hicks fait partie *des « primitifs » américains. Ses tableaux naïfs représentent les fermes et les paysages des États de Pennsylvanie et de New York. Mais il est surtout connu pour ses nombreuses peintures du Royaume de la Paix. Il en a peint probablement plus… Lire la suite
HIRSHFIELD MORRIS (1872-1946)

Écrit par :  Gérard LEGRAND

… *Né dans une bourgade de la Pologne russe, immigré aux États-Unis en 1890, ce fabricant de pantoufles pour dames vient à la peinture en autodidacte et ne sera découvert qu'en 1939 par l'infatigable critique d'art Sidney Janis. L'œuvre de Hirshfield en fait l'un des très rares « naïfs » véritablement originaux depuis le Douanier Rousseau. La plupart… Lire la suite
JAKOVSKY ANATOLE (1907-1983)

Écrit par :  José PIERRE

…  1907 à Kichineff (Roumanie), le critique d'art Anatole Jakovsky meurt à Paris le 24 septembre 1983.* Son nom reste attaché au destin de l'art naïf et, en ce sens, le couronnement de sa carrière aura été l'ouverture à Nice, en 1982, du Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, constitué à partir de ses propres collections. Avant de se vouer… Lire la suite
PICKETT JOSEPH (1848-1918)

Écrit par :  Claude JACQUET

… *Peintre naïf américain, Joseph Pickett est un autodidacte. Il fit de nombreux métiers, devint charpentier, puis travailla à la construction de bateaux et voyagea longtemps comme forain. Dans la dernière décennie du xixe siècle, il ouvrit une boutique d'épicerie dans sa ville natale, New Hope en Pennsylvanie, et consacra ses… Lire la suite
PIROSMANI NIKO (1862-1918)

Écrit par :  Régis GAYRAUD

…  l'esprit, et dans laquelle l'avant-garde recherchait des réponses à ses propres interrogations.* La composition frontale, les personnages hiératiques et, dans les premières œuvres, la maladresse des proportions ont suffi pour classer Pirosmani parmi les peintres naïfs, et il est devenu en Occident une sorte d'Henri Rousseau géorgien. Tout… Lire la suite
ROUSSEAU HENRI (1844-1910)

Écrit par :  Dora VALLIER

Dans le chapitre "Un naïf consacré par l'avant-garde"  : …  Contemporain des impressionnistes, Rousseau* aime à peindre des paysages observés sur le vif. Mais, loin de posséder leur science, il improvise, et, dans cette improvisation totale du métier, ses dons de coloriste chaque fois l'emportent. Parallèlement, une certaine maladresse perce, due à son désir d'inscrire dans son tableau la réalité telle qu'il… Lire la suite
SÉRAPHINE SÉRAPHINE LOUIS dite (1864-1942)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Femme de ménage de Senlis dont l'œuvre occupe une place tout à fait à part dans l'art naïf : Séraphine se situe à peu près à mi-chemin entre la peinture naïve proprement dite, et celle (si fascinante et si diverse) des aliénés. Une étrange ferveur l'habite, où se mêlent exaltation et tourment. Elle ne travaille jamais d'après nature, mais se borne… Lire la suite
UHDE WILHELM (1874-1947)

Écrit par :  Gérard LEGRAND

… *Il n'est sans doute pas un collectionneur qui aujourd'hui ne rêve d'avoir la chance et le flair de cet « autodidacte ». D'origine allemande, fixé en France en 1903, Wilhelm Uhde découvre immédiatement le Douanier Rousseau, sur lequel il sera le premier à écrire un livre : Henri Rousseau, le Douanier (1911). Il s'intéresse en même temps à… Lire la suite

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Calendrier de l'année 1897 Moi-même. Portrait-paysage, H. Rousseau

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