Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

NAÏF ART

Page précédente Page suivante

3.  Les « peintres du cœur sacré »

Les artistes naïfs sont presque tous des transplantés. Nés à la campagne, ou dans de petites villes à proximité de champs et de bois, ils sont néanmoins, économiquement et socialement parlant, coupés de la vie rurale. Coupés en somme de leurs vraies racines. Mais, par une singulière contradiction, c'est à cette situation qu'ils doivent non seulement de pouvoir peindre ou sculpter (sinon la terre reprendrait ses droits tyranniques sur leurs loisirs, elle qui demande qu'on s'occupe d'elle toute l'année), mais tout autant de ressentir avec force leur propre déracinement et par conséquent ce qui leur fait si cruellement défaut. Aussi assument-ils spontanément l'expression de la nostalgie de la vie naturelle, ou d'une vie mieux accordée au rythme des saisons : d'un Rousseau (Henri) à l'autre (Jean-Jacques) se découvre une profonde continuité, fondée sur cette certitude qu'à une nature dégradée ne peut correspondre qu'une humanité dégradée. C'est l'aspect que certains diraient conservateur de l'art naïf : il vise à la défense, non point uniquement des « espaces verts », mais de l'espace nécessaire au verdoiement des âmes. Uhde proposa l'expression « peintres du cœur sacré » pour l'opposer notamment à celle de « maîtres populaires de la réalité », dont il disait : « Je n'ai jamais pu comprendre comment on en arrivait à qualifier ainsi des peintres justement si éloignés du réel. » Car, ajoutait-il, après l'impressionnisme et le cubisme, « il fallait que vinssent ces peintres pour conférer à la réalité le sublime de la pensée et la grandeur du sentiment ». Parlant par exemple des paysages urbains de Rousseau, il déclare : « Tous ces tableaux sont, du point de vue documentaire, peu intéressants. Ils procèdent de l'imagination d'un homme qui nous ignore ainsi que notre vie, et ils s'élèvent d'une manière étrange et fascinante au-dessus des réalités pour prendre figure d'aventures personnelles. » Peu de temps après, André Breton allait employer les […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« NAÏF ART » est également traité dans :

ART BRUT

Écrit par :  Hubert DAMISCHHervé GAUVILLE

Dans le chapitre "Art brut, art naïf, art psychopathologique"  : …  époque se veut particulièrement friande et qu'elle classe, sans trop de rigueur, sous les rubriques* d'art dit « naïf », d'art enfantin ou d'art prétendu « primitif ». La ligne de partage que dessine dans le champ esthétique la prise en considération de l'« art brut », cette ligne ne passe pas à l'intérieur de la culture, et ce n'est pas davantage… Lire la suite
BAUCHANT ANDRÉ (1873-1958)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Paysan de Touraine, André Bauchant n'a commencé à peindre qu'à l'âge de quarante-sept ans ; il expose pour la première fois, en 1921, au Salon d'automne. Très vite, il va occuper une place de premier plan parmi les « maîtres populaires de la réalité » (popularité consacrée par Diaghilev qui lui commande le décor d'Apollon Musagète). On… Lire la suite
BOMBOIS CAMILLE (1883-1970)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Fils d'un batelier, Camille Bombois fut tour à tour gardien de troupeaux, valet de ferme, hercule de foire, terrassier, typographe, avant de pouvoir, à partir de 1922, se consacrer entièrement à la peinture. L'œuvre de ce maître de l'art naïf est l'un des plus authentiquement et des plus savoureusement populaires, même si, la célébrité venue, il a… Lire la suite
CHEVAL FERDINAND (1836-1924)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Né à Charmes, dans la Drôme. Facteur rural à Hauterives, Ferdinand Cheval dispose d'un petit bagage de connaissances géographiques, historiques et scientifiques. Fonctionnaire sans reproche, il semble avoir été également bon époux et bon père. Il est donc voué manifestement, en dépit de son nom de centaure postal, à l'une de ces existences sans… Lire la suite
FOUÉRÉ ADOLPHE JULIEN (1842-1910)

Écrit par :  José PIERRE

… *C'est à l'âge de quarante ans que l'abbé Fouéré, plus généralement désigné comme « l'ermite de Rothéneuf » ou « l'ancien recteur » par les autochtones, entreprend de sculpter les rochers du rivage de l'une des avancées du littoral breton entre l'estuaire de la Rance et la baie du Mont-Saint-Michel. Le thème qu'il choisit de traiter, c'est l'… Lire la suite
GRANDMA MOSES (1860-1961)

Écrit par :  Pierre GEORGEL

… *Illustre centenaire de la peinture américaine, Grandma Moses, de son véritable nom Anna Mary Robertson, était une fermière de la Nouvelle-Angleterre, épouse de Thomas S. Moses, qui à près de quatre-vingts ans se prit de passion pour la peinture. Elle se consacra à la peinture, qui l'avait déjà attirée au cours des années vingt, avec tout le naturel… Lire la suite
HICKS EDWARD (1780-1849)

Écrit par :  Universalis

…  qu'il compose lui-même, comme ceux qui encadrent sa vue des chutes du Niagara. Hicks fait partie *des « primitifs » américains. Ses tableaux naïfs représentent les fermes et les paysages des États de Pennsylvanie et de New York. Mais il est surtout connu pour ses nombreuses peintures du Royaume de la Paix. Il en a peint probablement plus… Lire la suite
HIRSHFIELD MORRIS (1872-1946)

Écrit par :  Gérard LEGRAND

… *Né dans une bourgade de la Pologne russe, immigré aux États-Unis en 1890, ce fabricant de pantoufles pour dames vient à la peinture en autodidacte et ne sera découvert qu'en 1939 par l'infatigable critique d'art Sidney Janis. L'œuvre de Hirshfield en fait l'un des très rares « naïfs » véritablement originaux depuis le Douanier Rousseau. La plupart… Lire la suite
JAKOVSKY ANATOLE (1907-1983)

Écrit par :  José PIERRE

…  1907 à Kichineff (Roumanie), le critique d'art Anatole Jakovsky meurt à Paris le 24 septembre 1983.* Son nom reste attaché au destin de l'art naïf et, en ce sens, le couronnement de sa carrière aura été l'ouverture à Nice, en 1982, du Musée international d'art naïf Anatole Jakovsky, constitué à partir de ses propres collections. Avant de se vouer… Lire la suite
PICKETT JOSEPH (1848-1918)

Écrit par :  Claude JACQUET

… *Peintre naïf américain, Joseph Pickett est un autodidacte. Il fit de nombreux métiers, devint charpentier, puis travailla à la construction de bateaux et voyagea longtemps comme forain. Dans la dernière décennie du xixe siècle, il ouvrit une boutique d'épicerie dans sa ville natale, New Hope en Pennsylvanie, et consacra ses… Lire la suite
PIROSMANI NIKO (1862-1918)

Écrit par :  Régis GAYRAUD

…  l'esprit, et dans laquelle l'avant-garde recherchait des réponses à ses propres interrogations.* La composition frontale, les personnages hiératiques et, dans les premières œuvres, la maladresse des proportions ont suffi pour classer Pirosmani parmi les peintres naïfs, et il est devenu en Occident une sorte d'Henri Rousseau géorgien. Tout… Lire la suite
ROUSSEAU HENRI (1844-1910)

Écrit par :  Dora VALLIER

Dans le chapitre "Un naïf consacré par l'avant-garde"  : …  Contemporain des impressionnistes, Rousseau* aime à peindre des paysages observés sur le vif. Mais, loin de posséder leur science, il improvise, et, dans cette improvisation totale du métier, ses dons de coloriste chaque fois l'emportent. Parallèlement, une certaine maladresse perce, due à son désir d'inscrire dans son tableau la réalité telle qu'il… Lire la suite
SÉRAPHINE SÉRAPHINE LOUIS dite (1864-1942)

Écrit par :  Pierre ROBIN

… *Femme de ménage de Senlis dont l'œuvre occupe une place tout à fait à part dans l'art naïf : Séraphine se situe à peu près à mi-chemin entre la peinture naïve proprement dite, et celle (si fascinante et si diverse) des aliénés. Une étrange ferveur l'habite, où se mêlent exaltation et tourment. Elle ne travaille jamais d'après nature, mais se borne… Lire la suite
UHDE WILHELM (1874-1947)

Écrit par :  Gérard LEGRAND

… *Il n'est sans doute pas un collectionneur qui aujourd'hui ne rêve d'avoir la chance et le flair de cet « autodidacte ». D'origine allemande, fixé en France en 1903, Wilhelm Uhde découvre immédiatement le Douanier Rousseau, sur lequel il sera le premier à écrire un livre : Henri Rousseau, le Douanier (1911). Il s'intéresse en même temps à… Lire la suite

Afficher la liste complète (14 références)

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Calendrier de l'année 1897 Moi-même. Portrait-paysage, H. Rousseau

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média