5. Le marché de l'art contemporain
Au cours des années 1980, les valeurs artistiques de l'art contemporain dit international ont été définies et hiérarchisées au sein du monde de l'art occidental, qui a fourni un exemple particulièrement pur des interactions existant entre le champ culturel et le marché. Dans le premier s'opéraient et se révisaient les évaluations esthétiques. Dans le second se réalisaient les transactions et s'élaboraient les prix. Alors qu'ils possédaient chacun leur propre système de fixation de la valeur de l'art, ces deux réseaux entretenaient des relations d'étroite interdépendance. Nous nous proposons d'analyser ici l'évolution de ces relations en fonction des nouveaux contextes politiques, économiques et culturels. Quels ont été les effets de la mondialisation de la scène artistique et de la financiarisation croissante de l'économie sur les structures et le fonctionnement du marché de l'art ? Quelle relation existe-t-il aujourd'hui entre valeur économique et valeur esthétique, dans une société accordant la primauté aux valeurs économiques à un degré tel qu'on peut se demander s'il est possible que l'art soit appréhendé par ceux qui l'achètent et, à la limite, par ceux qui le regardent indépendamment de sa signification monétaire ? Pour tenter de répondre à ces interrogations, nous avons choisi de privilégier le segment du marché consacré à l'art contemporain dont les envolées spéculatives ont marqué le début du xxie siècle.
• L'art comme placement
L'œuvre d'art, au sens traditionnel du terme, est un bien rare, durable, qui offre à son détenteur outre un plaisir esthétique, des services sociaux (distinction, prestige) et financiers. Elle ne procure pas de revenus, mais, du fait qu'elle est un bien meuble, susceptible d'être revendu avec une éventuelle plus-value, elle constitue un objet potentiel de placement alternatif à d'autres actifs.
Le marché de l'art et la Bourse
L'analogie, trop souvent soulignée, en particulier par […]
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