3. Rendre la France riche
L'originalité de la politique de Richelieu consiste moins dans son adhésion au principe de la monarchie absolue, dont on peut dire que les légistes de son temps étaient tous convaincus, que dans l'énergie avec laquelle il a obligé tout un peuple récalcitrant et rebelle à obéir au roi et à accepter la subordination de ses intérêts particuliers à ceux de l'État. Il avait, au début de son ministériat, de grands projets de réforme. Il estimait que la France était un pays favorisé par la nature, fertile en beaucoup de ses régions, bon producteur de céréales, de vin, de lin et de chanvre, de fruits, capable de récolter beaucoup de sel, riche en fer et en forêts, donc en mesure de fournir beaucoup d'articles à l'exportation, à condition de ne plus être, pour tout son trafic, tributaire de navires étrangers (hollandais et espagnols). En 1626, il prit la charge de grand maître et surintendant général du Commerce et de la Navigation. C'est en l'exerçant qu'il favorisa la création de compagnies à la manière hollandaise, patronna des établissements au Canada, dans les îles des Caraïbes et plus tard des postes dans les Échelles du Levant et jusqu'à Madagascar. Il pensait aussi à un rachat du domaine royal engagé à des particuliers et, s'il avait cru la chose possible, il aurait supprimé la vénalité des offices, mais il estimait préférable de tolérer des imperfections passées en habitude. De même, il avait le souci d'une réforme des bénéfices ecclésiastiques, d'une amélioration de la justice et d'un meilleur enseignement de la jeunesse, les lettres étant l'un des plus grands ornements des États, mais ne pouvant être enseignées indifféremment à tout le monde.
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