Surintendant des Finances et ministre d'État sous Louis XIII, Claude de Bullion passait, selon Tallemant des Réaux, pour avoir une des plus belles fortunes de son temps. Son grand-père était, en 1560, un important marchand en gros de Mâcon, seigneur de deux terres. Son père, secrétaire du roi et avocat au parlement, avait épousé Charlotte de Lamoignon, fille d'un maître des requêtes issu d'une excellente famille de la capitale promise à un grand destin. Bullion est reçu conseiller au parlement de Paris. La confiance du roi, de bonnes relations avec les Créqui, un mariage avec la fille d'un secrétaire du roi facilitent sa carrière : maître des requêtes, conseiller d'État, commissaire du roi à l'assemblée protestante de Saumur (1612), ambassadeur extraordinaire en Piémont (1619). Tous ces services lui valent des pensions. Il prête de l'argent aux grandes familles (les Créqui par exemple) et à l'État, ce qui rapporte gros. La prodigieuse croissance de sa fortune est contemporaine du triomphe de Richelieu en 1630, après la journée des Dupes. Le Cardinal le récompense de sa fidélité en lui faisant partager avec Claude Bouthillier la surintendance des Finances en 1632, et le fait chev […]
