Alors que les grandes voies de communications internationales franchissent transversalement l'arc alpin, l'Arlberg est une ligne de circulation longitudinale, à l'intérieur de la chaîne. Entre le Vorarlberg à l'ouest, tourné vers la Suisse, et le Tyrol, à l'est, le massif de l'Arlberg forme une haute cloison, bordée par les Préalpes calcaires du nord (Lechtaler Alpen) et par les reliefs cristallins du sud (Silvretta). Au couchant, le Klostertal est une haute vallée étroite, balayée d'avalanches et de glissements de terrains, parcourue par l'Alfenz, torrent affluent de l'Ill. À l'orient, la Stanzer est un tributaire de l'Inn. Le seuil, façonné en auge par les glaciers, culmine à 1 793 mètres, dans un âpre paysage de rochers et de végétation rabougrie (arl signifie aulne nain). Il marque la séparation entre les bassins du Rhin et du Danube. Le sentier muletier qui le franchit fut emprunté tout d'abord, au Moyen Âge, non pas pour la relation directe Suisse-Autriche, mais par le trafic allemand vers l'Engadine et l'Italie. Ce ne fut qu'après l'extension au Tyrol des possessions helvétiques originelles des Habsbourg que s'affirma son rôle de jonction entre les domaines monta […]
