5. De Viollet-le-Duc à Guimard
Les milieux d'architectes suivaient ces tentatives, dues surtout aux ingénieurs, avec attention, voire avec quelques craintes. À partir de 1841, la Revue générale d'architecture de César Daly reflète cet intérêt grandissant. Le succès de sa salle de lecture ouvre à Labrouste les portes de l'Institut en 1867. Il y succède à Hittorff, y retrouve Baltard, Joseph Duc et Félix Duban, qui tous utilisaient le fer. S'il y a débat, il demeure pacifique. Viollet-le-Duc va le passionner en le transportant sur un autre plan, en dénonçant avec violence, au nom du rationalisme, les carences de l'enseignement officiel. L'étude des structures gothiques, aux poussées localisées, avait conduit leur restaurateur à considérer le fer comme répondant le mieux aux nécessités d'une architecture nouvelle. C'était prendre le moyen pour le principe, faire d'un matériau le moteur d'une révolution artistique. Aussi les objections ne manquèrent pas : le fer est fait pour couvrir, augmenter les portées, diminuer les appuis, mais ne saurait résoudre les problèmes d'enveloppe. Il nécessite, en outre, un entretien constant : comme tel, il s'oppose aux matériaux durables, sans lesquels il ne peut y avoir d'architecture. L'Exposition de 1889, qui avait accordé la primauté au fer, devait justifier en partie ces critiques par son impuissance à résoudre autre chose que des problèmes techniques. À notre époque seulement et grâce à la variété des matériaux industriels – acier inoxydable, aluminium, plastique et verre – , l'architecture métallique saura trouver sa véritable expression.
Les rationalistes eux-mêmes, poussés par Anatole de Baudot, abandonnaient le métal au profit du ciment armé. C'était encore du fer, mais en simples barres, sans profils spéciaux ni assemblages compliqués, mis à l'abri de la corrosion par un enrobage assurant la massivité chère aux esthéticiens.
Les idées de Viollet-le-Duc exerçaient encore sur les jeunes une attraction puissante, et pas seulement en France. Ceux qui particip […]
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