La personnalité de Mantegna et son œuvre ont pris un relief et une importance exceptionnels : c'est Mantegna en effet qui, dans les villes de la vallée du Pô, a rompu définitivement avec le style gothique, toujours vivace en plein milieu du xve siècle. Dès le début de sa précoce activité, l'artiste a pris position en faveur du renouveau et du progrès de la peinture. Jamais, au cours de sa longue activité, il ne s'est départi de cette attitude.
L'ascendant de Mantegna fut grand. Les peintres vénétiens et lombards, des Bellini à Cosmè Tura et à Vicenzo Foppa, lui doivent beaucoup, ainsi que les petits maîtres de l'école de Camerino dans les Marches, et les peintres ligures de la fin du xve siècle.
1. Padoue et la Renaissance
Andrea Mantegna est né à Isola di Cartura, petite localité de la Vénétie située entre Vicence et Padoue. Très jeune, il se rendit dans cette dernière ville où il entra dans l'atelier de Francesco Squarcione (1397-1468). Celui-ci était alors un personnage très connu, bien qu'à cette époque tous les aspects de sa véritable nature ne se fussent pas encore manifestés. Squarcione fut collectionneur de dessins et de sculptures antiques, entrepreneur, tailleur, et finalement peintre et professeur de peinture. On connaît les différends et les litiges qui l'opposèrent à ses nombreux élèves. Mantegna y prit part lui aussi dans sa jeunesse. Il est certain que la jeune génération des « Padouans réformés » a forgé son esprit critique au sein de cet atelier où l'existence était mouvementée.
À Padoue, les temps étaient venus pour que s'expriment les nouvelles tendances artistiques. Un grand humaniste, Palla Strozzi, qui s'était exilé à Florence, avait apporté à Padoue non seulement son savoir, mais aussi une façon de vivre, c'est-à-dire une culture nouvelle, celle qui s'était développée en Toscane. De Toscane encore étaient venus un certain nombre de protagonistes de l'art nouveau, et ils avaient laissé plusieurs œuvres sur place : Filippo Lippi, Paolo Uccello, Andrea del Castagno (qui travailla à Ven […]
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