Stabilité et changement rythment l'évolution de la république fédérale d'Allemagne (R.F.A.), fondée en 1949.
Stabilité n'est pas synonyme d'immobilité. Le jeu des partis politiques allemands s'est considérablement simplifié en passant du pluralisme au tripartisme, en évoluant du centre droit vers le centre gauche après 1969 puis en revenant au centre droit en 1982. La percée des écologistes en 1983 et l'arrivée en 1990 des communistes réformateurs de l'ancienne R.D.A., le Parti du socialisme démocratique (Partei des demokratischen Sozialismus, P.D.S.), ont mis fin au tripartisme. Une bonne partie de la population de l'actuelle R.F.A. est née après 1945 – ce qui constitue aussi un facteur de changement appréciable. Malgré les destructions dues à la guerre, l'économie allemande est devenue la première en Europe, et elle se situe dans le peloton de tête sur le plan mondial. Les inégalités sociales sont toujours présentes et les disparités prennent une nouvelle ampleur depuis l'unification, mais le réseau de protection sociale est suffisamment développé pour que le « modèle allemand » soit souvent cité en exemple. Placée sous la tutelle alliée, la R.F.A. ne disposait pratiquement d'aucune souveraineté extérieure en 1949 ; elle a peu à peu obtenu sa liberté d'action et déploie une grande activité sur le plan international. L'Allemagne unie jouit de sa pleine souveraineté interne et externe.
La réussite de cet État ne peut cacher le fait que la R.F.A. vit dans un malaise permanent. Malgré ses amitiés et ses alliances, elle se sent souvent incomprise. Malgré sa puissance et sa richesse, elle donne l'impression d'être désarmée face aux contraintes qui pèsent sur elle. Malgré le calme politique, elle doute de sa stabilité intérieure. Les actions terroristes des années soixante-dix, puis la montée des mouvements écologistes et pacifistes et l'affirmation de l'extrémisme de droite ont fait apparaître des forces qui contestaient parfois violemment les choix fondamentaux de l'État. Contrairement à bien des pays […]
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