4. La politique extérieure
Déjà pour les États stabilisés, l'interaction entre politique intérieure et diplomatie est considérable. Pour la République fédérale, il est à peine possible de les séparer l'une de l'autre. Le premier but de la politique étrangère du chancelier Adenauer était précisément d'obtenir pour le nouvel État le droit d'avoir une politique étrangère. Ce but, on l'a vu plus haut, a été atteint progressivement, mais jamais complètement avant 1990. Le moyen le plus efficace d'y parvenir, c'est-à-dire de sortir la République fédérale de la sujétion dans laquelle la tenaient les vainqueurs, était de s'aligner sur ceux-ci, d'en devenir l'alliée fidèle. Kurt Schumacher et les socialistes ont, pendant cinq ans, combattu cette attitude en réclamant l'égalité par l'intransigeance. Mais le succès de leur grand adversaire C.D.U. les a conduits à se rallier à son principe de base, d'autant plus que ce principe était directement lié au besoin fondamental ressenti par les Allemands : la sécurité.
• Fidélité atlantique
Malgré la place tenue dans les préoccupations allemandes par la construction de l'Europe et par la réunification, la priorité des priorités a longtemps été la sécurité, c'est-à-dire la défense contre une menace venue de l'Est. L'instauration d'un régime communiste en Allemagne de l'Est et le danger sans cesse renouvelé dans lequel les Berlinois devaient vivre expliquent cette préoccupation constante, dont les conséquences ont été multiples. L'immense majorité des Allemands avait fait implicitement un choix qui était très exceptionnel au xxe siècle. Ils ont préféré le maintien de certaines formes de la société politique et économique à l'unité nationale. Entre une réunification comportant un danger de « communisation » de l'Allemagne réunifiée et l'absence de réunification comportant la certitude que l'Allemagne de l'Ouest garderait ses libertés, ils ont opté pour la seconde solution, jusqu'à ce que l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est rende possible la réunification.
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