Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

BACKHAUS WILHELM (1884-1969)

Au début du xxe siècle, l'héritage des grands virtuoses romantiques du piano se scinde en deux écoles : les disciples de Franz Liszt – représentés par Edwin Fischer, Artur Rubinstein, Wilhelm Kempff, Claudio Arrau... – et ceux du polonais Theodor Leschetizky – illustrés par Ignacy Jan Paderewski, Ossip Gabrilowitsch, Artur Schnabel, Benno Moiseiwitsch, Alexander Brailowsky... L'Allemand Wilhelm Backhaus s'inscrit dans la première lignée, qui accorde la primauté à la polyphonie et à l'architecture, mais à laquelle on a parfois reproché un certain manque de poésie.

Un pionnier de l’enregistrement

Wilhelm Backhaus naît à Leipzig le 26 mars 1884. Au Conservatoire de sa ville natale, il est l'élève du pianiste Alois Reckendorf de 1891 à 1899 et il étudie également la composition avec Salomon Jadassohn, maître de Busoni, Delius, Grieg, Karg-Elert, Weingartner... En 1898 et 1899, Backhaus se perfectionne à Francfort auprès du pianiste Eugène d'Albert, grand ami de Brahms et disciple de Liszt. Il effectue en 1900 et 1901 une importante tournée en Angleterre, au cours de laquelle il remplace le grand Alexandre Siloti dans le Quatrième Concerto pour piano de Beethoven avec le Hallé Orchestra de Manchester sous la direction de Hans Richter ; il se produit également à Londres en 1901, dans le cadre des Promenade Concerts, interprétant notamment le Premier Concerto pour piano, en sol mineur, de Mendelssohn et les Variations sur un thème de Paganini de Brahms. Le succès est tel que l'Angleterre le retient ; de 1905 à 1908, il sera professeur au Royal Manchester College of Music.

En 1905, Wilhelm Backhaus remporte à Paris le concours international Anton Rubinstein, qui prélude à sa carrière internationale. Backhaus réalise en 1909 le premier enregistrement complet d'un concerto pour piano et orchestre, en l'occurrence le concerto en la mineur de Grieg ; il sera également le premier à graver, en 1928 pour His Master’s Voice (H.M.V.), l'intégrale des vingt-quatre Études, opus 10 et opus 25, de Chopin. Il fait ses débuts américains le 5 janvier 1912, dans le Cinquième Concerto pour piano « L'Empereur » de Beethoven, avec l'Orchestre symphonique de New York sous la baguette de Walter Damrosch. En 1925 et 1926, il enseigne au prestigieux Curtis Institute de Philadelphie. Établi à Lugano, en Suisse, en 1930, il adopte la nationalité helvétique en 1931. Vienne l'honore en 1953 du prix Bösendorfer. Une longévité exceptionnelle lui permet de jouer en public jusqu'à la fin de sa vie : le 2 juin 1969, il enchantait encore son auditoire avec de courtes pièces de Schubert et de Schumann qu'il faisait chanter comme personne. C'est un grand maître unanimement respecté qui meurt à Villach, en Autriche, le 5 juillet 1969.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Brahms, Deuxième Concerto pour piano

Brahms, Deuxième Concerto pour piano

Mozart, Concerto pour piano n<sup>o</sup>27

Mozart, Concerto pour piano no27

Autres références

  • PIANO

    • Écrit par Daniel MAGNE, Alain PÂRIS
    • 4 343 mots
    • 15 médias
    Avec Artur Schnabel (1882-1951), Wilhelm Backhaus (1884-1969), Edwin Fischer (1886-1960) et Arthur Rubinstein (1886-1982), une page semble tournée. Schnabel et Backhaus donnent à l'œuvre de Beethoven une dimension nouvelle par une approche globale ; Rubinstein modernise l'héritage de Paderewski ;...

Voir aussi