KEMPFF WILHELM (1895-1991)

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Sa longévité en avait fait une figure de légende du piano. Wilhelm Kempff incarnait tout ce que la tradition allemande peut avoir d'intemporel : un tempérament profondément classique mis au service d'un sens peu commun de l'improvisation qu'il tirait de sa formation d'organiste et qui faisait de chacune de ses interprétations une véritable recréation.

Dans la lignée de Beethoven

Né à Jüterbog (Brandebourg) le 25 novembre 1895 dans une famille d'organistes luthériens, Wilhelm Kempff commence très jeune l'étude du piano et de l'orgue avec son père, lui-même compositeur et organiste titulaire de l'église Saint-Nicolas de Potsdam. Il travaille ensuite avec Ida Schmidt-Schlesicke et obtient deux bourses qui lui permettent d'entrer, à l'âge de neuf ans, à la Hochschule für Musik de Berlin, où il est l'élève de Heinrich Barth (piano) et de Robert Kahn (composition). Il mène simultanément des études universitaires (philosophie et histoire de la musique). En 1916, il remporte les prix Mendelssohn de piano et de composition qui lui ouvrent les portes de la carrière : il débute en 1918 avec l'Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction d'Arthur Nikisch dans le Quatrième Concerto pour piano de Beethoven. Il se produira régulièrement avec cet orchestre jusqu'en 1979.

Kempff est engagé pour accompagner à l'orgue, au cours d'une tournée, le chœur de la cathédrale de Berlin. Entre 1924 et 1929, il est directeur de la Musikhochschule de Stuttgart, où il enseigne également le piano. À cette époque, il fait une brève incursion dans le domaine de la direction d'orchestre en dirigeant l'une des premières exécutions de L'Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach, dans la version de Wolfgang Gräser (1928). Mais c'est une carrière de pianiste qui s'ouvre devant lui, avec chaque année de courtes périodes consacrées à l'enseignement ; l'été, il donne des cours au Marmorpalais, à Potsdam, en compagnie d'Edwin Fischer, de Walter Gieseking et d'Elly Ney (1931-1941). En 1934, il effectue sa première tournée en Amérique du Sud, en 1936 au Japon et en 1938 en France (salle Gaveau, 9 nov. 1938).

Après la Seconde Guerre mondiale, Potsdam se trouve en zone soviétique et Kempff décide de se fixer en Bavière, à Thurnau. Les autorités américaines lui imposent quelque temps de silence, qu'il consacre à la composition, et il fait sa rentrée à Paris en 1948. Il donne son premier concert à Londres en 1951. Pablo Casals l'invite à jouer avec lui au festival de Prades. En 1957, il se produit pour la première fois avec Yehudi Menuhin, à Athènes. La même année, un mécène italien met à sa disposition la Casa Orfeo à Positano, au sud de Naples : il y crée un cours d'interprétation de l'œuvre pour piano de Beethoven, auquel participeront notamment Éric Heidsieck, Robert Riefling, Ventsislav Yankoff, Idil Biret, David Lively, Mitsuko Uchida, Gerhard Oppitz. Après avoir longtemps refusé de jouer aux États-Unis, il fait des débuts triomphaux à New York en 1964.

Au début des années 1970, son état de santé le contraint à une activité réduite. Mais il revient sur le devant de la scène dès 1974 et il continuera à jouer en public jusqu'en 1984, date à laquelle il se retire à Positano. Il y meurt le 23 mai 1991.

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Alain PÂRIS, « KEMPFF WILHELM - (1895-1991) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-kempff/