WANG MENG (1308 env.-1385)

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Le « bûcheron du mont de la Grue jaune »

C'est à Wuxing (Huzhou) que naquit Wang Meng, dans les premières années du xive siècle. D'une famille illustre, il compte pour grand-père maternel Zhao Mengfu, le peintre et calligraphe le plus renommé du début des Yuan, et son père, Wang Guoqi, est un poète et un collectionneur célèbre. Nul doute que ces origines aient beaucoup compté dans l'éducation et la formation du jeune Wang Meng. On sait fort peu de chose de sa vie. Sa carrière de fonctionnaire ne fut pas exceptionnelle puisqu'il est mentionné au poste peu élevé de juge provincial (liwen), puis, après l'avènement du premier empereur Ming, au poste de préfet de Tai'an (Shandong), qu'il conserve une dizaine d'années. Entre les deux s'écoule une longue période de retraite, coïncidant avec les années de chaos et de guerre qui déchirent la Chine du Sud, et marquent la chute de la dynastie mongole et l'établissement de la nouvelle dynastie nationale des Ming, en 1368.

Dès les années 1340, en effet, Wang Meng s'installe sur le mont de la Grue jaune (Huangheshan), aux environs de Hangzhou, et adopte le surnom de « bûcheron du mont de la Grue jaune », dont il signera la plupart de ses peintures. Durant près de trente ans, Wang Meng, comme nombre de ses congénères, lettrés écartés de la vie publique, va partager son temps entre sa retraite montagnarde et des pérégrinations dans toute la région, au cours desquelles il rencontre les principaux artistes et participe aux grandes réunions littéraires tenues à Suzhou, Kunshan, Songjiang... La vogue des poèmes de circonstance inscrits sur les peintures se développe à cette époque ; ces écrits, subsistant sur les œuvres ou conservés dans les anthologies et catalogues postérieurs, constituent de précieux témoins des rencontres et des activités des artistes Yuan. Nous apprenons ainsi que, en 1342, Huang Gongwang rédigea un poème sur un paysage de Ni Zan (Chunlin yuanxiu tu) que lui avait apporté Wang Meng ; qu'en 1361, Ni Zan et Wang Meng peignent et signent en collaboration un paysage (Gugong, Taipei), ou qu'en 1365, lors d'une importan [...]

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Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, directrice du programme Religion et société en Chine au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité

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Pour citer l’article

Caroline GYSS, « WANG MENG (1308 env.-1385) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/wang-meng-1308-env-1385/