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WANG MENG (1308 env.-1385)

Wang Meng, héritier du style Dong-Ju et de Zhao Mengfu

Les textes traditionnels s'accordent pour situer Wang Meng, ainsi que les trois autres « grands maîtres Yuan », dans la lignée des grands paysagistes méridionaux du xe siècle : Dong Yuan et son élève, Juran. Les œuvres les plus anciennes de Wang Meng attestent en effet cette dette, ainsi que celle qu'il garde envers son célèbre aïeul, Zhao Mengfu. Parmi les compositions datées de Wang Meng, les plus anciennes se rapportent à la décennie 1340-1350 et marquent une phase charnière de son art. Huttes de feuillages dans les monts orientaux, rouleau vertical daté de 1343 (Gugong, Taipei) – peut-être une copie Ming d'un original du maître –, reprend une composition traditionnelle en trois plans, dont le premier, de plain-pied avec le spectateur, est séparé du massif rocheux du fond par une large étendue d'eau intermédiaire. On trouve pourtant ici les prémices de l'évolution ultérieure du peintre, dans le rapprochement de la vue et dans la liaison des différents plans. Le motif de la montagne en falaises étagées deviendra un poncif des paysages de la fin des Yuan et du début des Ming. Ermitages dans les montagnes d'été (Freer Gallery, Washington), daté de 1354 et peint sur soie, témoigne d'une allégeance encore plus grande aux styles des maîtres anciens. On y retrouve le schéma des paysages de rivière de l'école Dong-Ju, largement illustré à la même époque, dans les copies de Juran, par Wu Zhen (Aurore printanière sur le fleuve pur, Gugong, Taipei). La forme des montagnes est directement héritée de Juran, mais l'origine de certains motifs – saules, arbres de premier plan, joncs affleurant l'eau – et le traitement de la colline avançant au plan intermédiaire, doivent être recherchés chez Zhao Mengfu (Couleurs d'automne, Gugong, Taipei ; Village au bord de l'eau, musée du Palais, Pékin).

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Écrit par

  • : chargée de recherche au CNRS, directrice du programme Religion et société en Chine au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité

Classification

Pour citer cet article

Caroline GYSS. WANG MENG (1308 env.-1385) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CHINOISE CIVILISATION - Les arts

    • Écrit par Corinne DEBAINE-FRANCFORT, Daisy LION-GOLDSCHMIDT, Michel NURIDSANY, Madeleine PAUL-DAVID, Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, Pierre RYCKMANS, Alain THOTE
    • 54 368 mots
    • 37 médias
    ...relâche, bien que la simplicité de ses formes et de ses compositions recèle une densité spirituelle dont le secret échappe à l'analyse et à l'imitation. Wang Meng ( ?-1385) est plus curieux d'une recherche proprement formelle ; sa peinture, touffue et baroque, est tissée d'une forme de « rides »...
  • NI ZAN [NI TSAN] (1301-1374)

    • Écrit par Pierre RYCKMANS
    • 1 512 mots
    ...son aîné de trente ans, était un ami autant qu'un maître (Huang lui-même fit à son cadet l'hommage d'imiter certaines de ses œuvres). Ses relations avec Wang Meng étaient particulièrement étroites (les deux artistes exécutèrent même certaines œuvres en collaboration) et l'on peut déduire de ses écrits qu'il...
  • SHEN ZHOU [CHEN TCHEOU] (1427-1509)

    • Écrit par Pierre RYCKMANS
    • 1 459 mots
    • 1 média
    ...la création, nous est fourni par sa vue monumentale du mont Lu. Dans cette œuvre qui date du début de sa maturité (1467), l'artiste s'est inspiré de Wang Meng pour le traitement des rochers, le jeu des « rides » et le développement tourbillonnant des formes ; mais le procédé expressionniste du maître...

Voir aussi