HOROWITZ VLADIMIR (1904-1989)

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Figure de légende qui a marqué l'interprétation pianistique au xxe siècle, Vladimir Horowitz, considéré par certains comme le Liszt de notre temps, occupait une place incontournable dans le monde du piano. Virtuose exceptionnel, musicien déroutant, personnalité énigmatique, il a mené une carrière à éclipses sans former le moindre disciple, bien que de nombreux pianistes qui ont occasionnellement travaillé avec lui (Byron Janis, Gary Graffman...) se soient réclamés de son influence. Sa consœur Clara Haskil disait de lui : « C'est le diable en musique. »

Vladimir Horowitz, E. Haas

Photographie : Vladimir Horowitz, E. Haas

Le pianiste américain d'origine russe Vladimir Horowitz (1904-1989). Photographe : Ernst Haas. 

Crédits : Ernst Haas Courtesy of Hulton Getty

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Piano solo

De son vrai nom Gorovitz (translittération malencontreuse de la lettre H qui se prononce G en russe, il conservera ce patronyme jusqu'en 1926), il naît officiellement à Berditchev, en Ukraine, le 1er octobre (18 septembre, ancien style) 1904. Mais il a toujours entouré de mystère son année de naissance exacte et aurait avoué être, en réalité, venu au monde un an plus tôt, ce qui semble désormais probable. Son père est ingénieur électricien, sa mère pianiste amateur. Il commence à étudier le piano à l'âge de six ans au conservatoire de Kiev, ville où s'est fixée sa famille : il y est l'élève de Vladimir Puchalski, disciple du grand pédagogue Theodor Leschetizky, de Sergueï Tarnovski et de Felix Blumenfeld, qui le forme dans la tradition d'Anton Rubinstein. À onze ans, il est auditionné par Scriabine, ami de son oncle, qui lui prédit un grand avenir. En 1918, l'entreprise que dirige son père est réquisitionnée. Pour faire vivre sa famille désormais sans ressources, il renonce à ses ambitions de compositeur et se consacre au piano. Il obtient son diplôme en 1920 avec le Troisième Concerto de Rachmaninov et commence aussitôt une carrière fulgurante dans l'ensemble de l'Union soviétique (1922-1925) : au cours de la saison 1924-1925, il donne plus de soixante-dix concerts, seul ou avec le violoniste Nathan Milstein. Avec celui-ci, à l'automne de 1925, il part à l'étranger à la demande de Trotski, afin, comme l'explique Milstein, de « montrer au reste du monde que les Soviets étaient autre chose que des matérialistes bornés ». Arrivé en Allemagne, il décide de ne pas rentrer en U.R.S.S. Un premier concert à Berlin puis, en 1926, une série de récitals à Paris, à Londres et à Rome assurent aussitôt sa notoriété. Ses débuts à New York, le 12 janvier 1928, sous la direction de Thomas Beecham, le consacrent comme l'un des plus grands pianistes de son temps, à l'égal de ses aînés Sergueï Rachaminov, Josef Lhévinne ou Josef Hofmann.

Il se fixe à Paris, où il réside entre ses tournées jusqu'en 1934, et prend quelques cours avec Alfred Cortot. Il enregistre ses premiers disques, notamment une fabuleuse interprétation de la Sonate en si mineur de Liszt, gravée en 1932, qui reste aujourd'hui encore une version de référence.

Les plus grands chefs font appel à lui : Willem Mengelberg (1930), Arturo Toscanini (1932), dont il épouse la fille Wanda, en 1933, à Milan – « Elle a fait de moi un homme, son père a fait de moi un musicien », aimait-il à dire.

Deux ans plus tard, usé par une vie trépidante, il interrompt sa carrière une première fois. Atteint de dépression, il est en outre plusieurs fois hospitalisé, notamment pour une appendicite et une phlébite. Il se retire alors en Suisse où il se lie d'amitié avec un compositeur qu'il admire depuis toujours et dont il se fera constamment le champion : Sergueï Rachmaninov. Il trouve un solide soutien moral auprès de ce dernier, qui avouera : « Il m'a fallu attendre le jour où j'ai rencontré Vladimir Horowitz pour découvrir toute l'étendue des ressources du piano. » Il remonte sur scène en 1938 et se fixe à New York quelques mois plus tard (1939). Les années qui suivent sont une succession de périodes de grande activité et de dépression, parfois sanctionnées par la critique de façon assez virulente (Virgil Thomson dans le Herald Tribune en 1942, Bernard Gavoty dans Le Figaro en 1951). En 1942, il acquiert la nationalité américaine. Il s'éprend d'emblée de sa nouvelle patrie, et participe activement à l'effort de guerre par de nombreux c [...]

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  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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  • Écrit par 
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Pour citer l’article

Alain PÂRIS, « HOROWITZ VLADIMIR - (1904-1989) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vladimir-horowitz/