URBANISMEUrbanisme et société

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L'urbanisme, qui est à la fois la science et l'art de l'ordonnancement urbain, est technique en tant que science, et création sociale en tant qu'art. Il exprime la volonté d'être et de paraître d'une société. Comme tel, il est œuvre des maîtres de cette société, dont il affirme à la fois le triomphe et le goût. Mais il est aussi image de la société et de ses aspirations. À société aristocratique, un urbanisme noble, consacrant la domination d'une société cultivée quelles que soient les origines de ses ressources, rente foncière ou profits commerciaux. À société d'affaires, un urbanisme de prestige financier et d'ordre social : la City de Londres. À société démocratique ou se définissant comme telle, un urbanisme de logement et de consommation offrant le maximum de services au maximum d'usagers. Mais on ne saurait séparer société et économie. L'urbanisme est en même temps création de l'économie et de la société. Quand le point de rupture est atteint entre économie et société, il n'y a plus d'urbanisme, ou il n'y a plus qu'un urbanisme de catégorie sociale : c'est le cas limite des villes du Tiers Monde où se gonflent les rangs d'une « subsociété » sans fondement économique, qui n'a accès à un urbanisme de faveur et de misère que par un transfert de ressources pour limiter la lèpre de l'habitat « sous-intégré », ou « non intégré ». À vrai dire, la question se pose différemment selon que l'on voit dans l'urbanisme l'image d'une société ou l'œuvre d'une société. La nuance peut paraître subtile : elle sépare cependant un bilan intégrant actif et passif, œuvres et lacunes, d'une réalisation globale ou partielle qui aboutit finalement à l'image. Le cycle est bouclé, de l'image à l'action et de l'action à l'image, mais l'approche reste fondamentalement différente.

Vingt-cinq siècles d'urbanisme politique

Pendant plus de vingt siècles, dans les pays de la Méditerranée et en Europe, l'urbanisme a été l'expression d'une société et d'une économie à base de rente foncière, concentrée et exploitée par les maîtres du sol, enracinés dans leurs villes, symboles de leur puissance, garanties de leur sécurité, ateliers de leur ingéniosité et de celle de la classe marchande, née à l'ombre du pouvoir.

La ville antique est une ville de propriétaires terriens, exprimée topographiquement, géographiquement autant que socialement en trois termes : le pouvoir, civil et militaire, diversement réparti suivant les régimes politiques ; le sacré, auquel s'associe plus ou moins tôt la transmission des valeurs immatérielles, la culture ; le marché, qui est, avec ses prolongements artisanaux, la première forme de création de valeurs ajoutées. Citadelle, temples, souvent réunis sur l'acropole, l'agora ou le forum. La société tout entière y trouve son expression. L'histoire y est intégrée. La campagne n'est qu'objet de luttes entre cités. La ville est faite pour un ordre dominant. Mais tous y ont leur place, parce qu'elle est le moule sécrété par la société antique. La démocratie antique est une fausse démocratie, mais même ceux qui étaient en marge de cette démocratie ont tenu leur place, joué leur rôle, contribué à façonner le moule urbain dans la ville antique. La ville musulmane n'est que le prolongement et une variante de la ville méditerranéenne héritée de l'Antiquité classique. Elle présente exactement les mêmes caractères représentatifs d'une société différenciée mais globale.

Le Moyen Âge européen a d'abord détruit la ville parce qu'une nouvelle société s'était emparée de la source unique de richesse, la terre. Mais une société sans ville est incapable de réaliser des valeurs ajoutées sur la rente foncière parce qu'elle est ouverte aux catastrophes périodiques. Pendant plusieurs siècles (à partir du xiie s.), une dualité sociale oppose la société féodale qui est une société rurale et la société des marchands qui est la nouvelle société urbaine. L'économie finit par l'emporter sur une structure fondée sur les liens personnels et sur une exploitation directe et très peu productive de la rente foncière. La ville réalise dans le cadre des États, fondés successivement et brutalement rivaux, l'union du territoire rural et de la ville qui redevient à la fois marché et seigneurie.

La société seigneuriale et monarchique du xvie au xviiie siècle est à nouveau ancrée sur des villes dont les maîtres, rois, ducs ou comtes, parfois bourgeoisies de villes libres, parfois évêques, ont voulu faire les emblèmes de leur puissance : remparts, châteaux, cathédrales, demeures des fidèles serviteurs de la famille régnante. Désormais, il n'y a pas de prestige sans richesse ; la fortune des marchands est l'écho de la puissance des princes. Une nouvelle société urbaine globale est réalisée. Elle s'exprime dans l'urbanisme des xviie et xviiie siècles. Elle comporte encore des contradictions entre les pouvoirs. L'urbanisme les enregistre, et c'est Versailles... Mais, le plus généralement, l'intégration est totale : elle trouve sa forme dans les merveilleuses réalisations de l'urbanisme européen du xviiie siècle.

Le paradoxe réside dans le fait que la société globale, réalisée dans la ville et exprimée par elle avant la révolution industrielle, se compose numériquement de plus de 80 p. 100 de paysans, qui assument son entretien sans pratiquement y participer, et de moins de 20 p. 100 de citadins vivant dans de véritables ghettos de civilisation.

Une révolution qui n'est peut-être pas terminée

La grande épreuve subie par la ville et par l'urbanisme procède du renversement des proportions entre ruraux et citadins au cours d'un siècle qui a vu quadrupler la population des pays industriels. En dépit des efforts d'arrière-garde des défenseurs des valeurs foncières et rurales, le transfert des forces économiques a été pratiquement total dans des pays qui rassemblent aujourd'hui un milliard d'hommes et les quatre cinquièmes de la fortune du globe. Économie et société sont aujourd'hui intégralement urbaines. Mais la mutation a été trop brutale pour que l'urbanisme et l'image même de la ville aient suivi. C'est sans doute à cet égard, plus encore que sur le plan technique, que le terme de révolution industrielle prend sa pleine signification. Dix siècles de société antique ont sécrété leurs villes. Cinq siècles de renaissance urbaine ont abouti à la plénitude de l'urbanisme du xviiie siècle. Cent cinquante ans de développement industriel accéléré et d'accumulation de population urbaine à la recherche de compositions sociales plus ou moins durables n'ont engendré qu'un désordre apparent dans lequel la projection de techniques nouvelles a apporté la confusion. La recherche d'un répit, d'un équilibre, même temporaire, est déjouée par le déphasage entre les rythmes de l'urbanisme, qui sont pluridécennaux, et l'emprise des techniques sur la modulation de la société et de la vie quotidienne. L'urbanisme est-il possible ou n'est-il qu'une utopie ?

Jamais on n'a tant construit d'immeubles, de quartiers urbains, de villes nouvelles qu'entre 1850 et nos jours. La population urbaine dans la seule Europe occidentale des années 1980 est passée de quelques dizaines de millions à 250 millions d'individus, dans l'ensemble des pays industriels de 50 millions à 500 millions. En même temps, les villes devenaient sièges d'industries, de formes nouvelles d'entrepôt et de commerce, de gestion financière ; elles étaient pourvues de vastes installations de services liées notamment à l'essor des chemins de fer. Les dimensions se placent sur un autre registre qu'autrefois. Et la première question à poser est celle de la cohérence des dimensions et de l'unité sociale de la ville. Pour la traiter, il faut tenter de définir la société urbaine née de la révolution industrielle et de ses rapports avec les manifestations de l'urbanisme depuis plus d'un siècle. C'est en fait la société du xixe siècle qui est en cause globalement, encore que le secteur de population rurale reste pour un temps étranger aux processus de l'urbanisation. La première image, c'est celle de la société industrielle analysée par Karl Marx et qui correspond au schéma général de la société des dernières décennies du xixe siècle : classe prolétarienne, « classe dangereuse », suivant l'expression de Louis Chevalier, bourgeoisie rapidement enrichie, qui a besoin d'immeubles et d'espaces de prestige pour ses entreprises et ses résidences, classes moyennes d'employés, d'intermédiaires, de représentants des professions libérales, dont le nombre augmente sans cesse. Y a-t-il un urbanisme répondant à cette société ? Une urbanisation, certes, et remarquablement conforme à sa structure, un urbanisme peut-être, mais plus à titre de sous-produit que d'opération créatrice globale procédant d'une intention délibérée.

L'afflux des travailleurs de l'industrie, venus des campagnes, initialement parqués dans des mansardes, des sous-sols, des greniers, des masures de faubourgs, a imposé des constructions nouvelles dont les loyers devaient être à la mesure des salaires qu'on leur donnait. Pour éviter une trop grande mobilité de la main-d'œuvre, préjudiciable à la bonne marche de leurs manufactures, beaucoup d'« entrepreneurs » ont assuré eux-mêmes le logement de leurs ouvriers à proximité immédiate des ateliers. Les quartiers ouvriers sont la transposition de la révolution industrielle et de la création du prolétariat dans le paysage urbain. Mais ils sont plus une conséquence de l'évolution technologique et économique que l'application d'une idéologie et d'une théorie de la ville. Tout au plus peut-on retenir le souci d'ordre pratique, dont on ne mesurera qu'assez tard la contrepartie, d'établir les ouvriers à proximité immédiate des établissements industriels. Et si la nouvelle bourgeoisie se réserve des quartiers aérés, hors des fumées et du bruit des usines, si la classe moyenne joue à la société de bon ton dans des immeubles solides où l'appartement s'ordonne autour du salon, c'est plus du spontanéisme social que de l'urbanisme ou de la théorie architecturale. En revanche, cette société est troublée par la peur. Les révolutions du xixe siècle ont rompu, à Paris comme à Lyon, l'unité de la ville du xviiie siècle. La bourgeoisie ne veut plus de la cohabitation avec les ouvriers, et elle appelle un urbanisme de maintien de l'ordre. Que ses exécuteurs y aient largement trouvé leur compte est une autre conséquence du système qui appelle la recherche du profit et stimule la spéculation dans toute opération créatrice. Il reste que l'objet de l'« urbanisme haussmannien » – qui a eu de multiples imitations en dehors de Paris et de France – est d'ouvrir la ville aux mouvements de la police et de l'armée en cas de troubles. Il en résultera des perspectives de grandes voies rectilignes, qui faciliteront beaucoup plus tard, sans qu'on l'ait alors prévu, la nouvelle circulation automobile, et se prêteront, en attendant, aux déplacements de prestige d'une haute société et de ses épigones.

La croissance d'une économie libérale et la montée d'une société dont le principe est « chacun pour soi », à l'ombre discrète d'un pouvoir qui a perdu l'initiative des décisions, sont l'antinomie d'une organisation volontaire de l'espace et d'une quelconque idéologie de la ville. L'urbanisme reprend les limites de l'architecture, et les ensembles sont réduits aux consécrations des techniques de l'industrie, les expositions universelles, à Paris la « grande roue », la tour Eiffel, et, à titre plus durable, des réalisations utilitaires comme le métro parisien, le pont transbordeur de Marseille et les funiculaires de Lyon. La fin du xixe siècle et les premières décennies du xxe, qui correspondent à l'apogée de la société capitaliste jusqu'à la crise des années 1930, sont l'époque de l'urbanisation galopante..., sans urbanisme. Pourtant, cette urbanisation spontanée est bien à l'image de la société dont la croissance et les transformations accélèrent les rythmes de développement et de transformation. La ville du début du xxe siècle, en Amérique du Nord comme en Europe occidentale, est une image de la société et de ses contradictions. Les mutations du centre, partiellement sublimé par les affaires, partiellement dégradé et envahi par le sous-prolétariat, l'éviction vers l'extérieur de la classe moyenne de plus en plus nombreuse, les ségrégations spatiales entre quartiers ou banlieues d'ouvriers, zones dites résidentielles, sont la transposition, dans la géographie urbaine, des mouvements internes d'une société en mutation, mais point de l'urbanisme.

Bâtiments de l'Exposition universelle de 1900

Bâtiments de l'Exposition universelle de 1900

photographie

Quelques bâtiments de l'Exposition universelle de 1900, à Paris, dominés par l'élégante silhouette de la tour Eiffel, construite pour l'Exposition de 1889. On voit également le globe céleste, gigantesque sphère de 46 mètres de diamètre. 

Crédits : London Stereoscopic Company/ Getty Images

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L'urbanisme est, à vrai dire, réduit à ce moment à une méditation sur une évolution de fait, et c'est sous cette forme qu'il apparaît à travers les analyses de la ville de Chicago, en tant que sociologie urbaine. Mais il va retrouver une place dans une politique de l'aménagement de l'espace à partir de quelques principes généraux inspirés par la constatation de la confusion et des contradictions de l'urbanisation spontanée (Charte d'Athènes).

La naissance d'une politique

La société capitaliste, après la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, « fait ses comptes ». Les collectivités publiques, invitées à prendre en charge le déficit chronique et croissant de l'urbanisation anarchique, appelées à reconstruire les villes et les quartiers détruits par la guerre, doivent élaborer des politiques, sinon des systèmes de remise en ordre des villes, devenues l'habitat des deux tiers ou des trois quarts de la population. Elles sont en quête d'une idéologie et de modèles. Seulement, entre l'urbanisme d'ordre de la période haussmannienne et l'époque contemporaine, un phénomène de première grandeur s'est produit dans les organismes urbains les plus puissants : la réalité et la conscience de la ville ont disparu. La société en mutation constante est difficilement saisissable dans le cadre d'une prévision trentenaire, et l'esprit est troublé par la science-fiction qui donnait de l'horizon 2000 une image irréelle à laquelle il était impossible d'accrocher une problématique de l'urbanisme. C'est à cet égard qu'on peut penser que le gigantisme architectural et la conception de compositions prétendument futuristes sont des actes conscients ou inconscients de renoncement à prévoir et d'impuissance devant un avenir inconnu.

Pourtant, l'urbanisme, devenu politique de l'aménagement de l'espace et de l'administration du territoire dans le court terme et le moyen terme, reçoit des missions précises : remettre de l'ordre dans le tissu urbain, freiner les spéculations engageant la physionomie d'un quartier ou d'une ville pour une génération. C'est la mission des équipes chargées d'élaborer les plans régulateurs, les schémas directeurs d'aménagement urbain, de fixer des coefficients des plans d'occupation des sols, mais aussi de définir une stratégie du développement respectif des différentes unités urbaines.

Dans le premier cas, il se confond avec un service administratif. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'urbanisme est chargé de mission par le pouvoir. Si, dans cette action, il se différencie de l'urbanisme de grandeur du xviiie siècle ou de l'urbanisme de maintien de l'ordre du xixe, c'est parce que le rôle de l'État a lui-même changé, et que ses fonctions répondent aux exigences spécifiques de la société actuelle. Ne s'agit-il pas de permettre à la masse accumulée dans les villes de satisfaire ses appétits de consommation de produits et de services, sans mettre en cause l'initiative et l'esprit d'entreprise des promoteurs ? Jeu difficile et bien souvent vain, qui fait du travail de l'urbaniste des grandes agglomérations une œuvre décevante et sans cesse remise en cause.

La société socialiste a naturellement engendré son propre urbanisme, dégagé des contraintes de la spéculation foncière et immobilière et des contradictions entre la propriété individuelle des sols et l'usage collectif de l'espace urbain. Il était dépourvu de toute spontanéité, puisque la décision appartenait à la collectivité publique et à elle seule. Il était acte politique. Il était idéologie comme nulle part ailleurs, mais il restait tout de même soumis à des contingences et à des contraintes économiques. Il était animé par l'affectation planifiée d'une fraction du budget public à l'aménagement urbain et, de ce fait, il était administratif et bureaucratique. Il devait répondre au maximum de besoins avec des moyens limités. Et l'imagination était à son tour limitée. Il était à la mesure du niveau de ressources d'une société qui se trouvait entre la société de production du xixe siècle et la société de consommation du xxe. Il était à la fois grandiose, parce que la volonté d'affirmer un succès historique sans précédent l'exige, et pauvre, parce que les moyens étaient réduits et devaient être répartis aussi universellement que possible. Il traitait par masses à une échelle jusque-là inusitée, suivant des principes fondamentaux qui, dans un tel cadre dimensionnel, engendraient rigueur et monotonie. La démesure laissait à la fois admiratif et inquiet. Ici, il ne s'agissait pas finalement d'un urbanisme qui exprimait une société, mais d'un urbanisme dogmatique qui contribuait au façonnement d'une société, au nom d'une idéologie qui ne correspondait peut-être plus tout à fait à la réalité de cette société.

L'aspect le plus stimulant de l'urbanisme contemporain en Europe occidentale est la recherche de la renaissance de la ville en tant que corps social et milieu homogène de vie. La ville ne peut réapparaître, en effet, en tant que composition urbanistique que si elle existe comme réalité sociale. Et c'est ainsi que le nouvel urbanisme retrouve l'unité entre la société et la création ou le façonnement de son cadre. Le thème de départ est celui de l'analyse de la conscience d'habiter une ville et du sentiment de responsabilité du citadin à l'égard de sa ville. Il se confond avec celui de la recherche des structures et des unités dimensionnelles permettant la conservation de cette conscience et du sentiment de responsabilité. Mais la notion même de dimension est une notion complexe et compréhensive, qui se projette à la fois sur l'espace et le temps. En effet, la continuité, qui est à la base même de la conscience urbaine, n'est perçue qu'en deçà de certains seuils dimensionnels, qui permettent l'appréhension permanente de la totalité, porteuse de culture transmise. La possession d'un héritage culturel intégré et, à défaut d'héritage, la cristallisation de la vie collective sur une création culturelle permanente, sont incompatibles avec le gigantisme urbain, autant qu'avec l'extension par foisonnement indifférencié. L'heure est donc aux recherches de structure et d'unité dimensionnelle. Et, par voie de conséquence, ces recherches s'appliquent à une perspective globale d'aménagement du territoire. Sans en être pour autant à « reconstruire les villes à la campagne », l'urbanisme d'aujourd'hui se fixe pour objectif la répartition harmonieuse du mode de vie urbain, qui est le produit de l'évolution technologique et psychosociale générale, sur l'ensemble du territoire.

Au sens étroit du terme, la recherche dimensionnelle guide des choix politiques en matière de promotion du développement urbain. Les impératifs économiques imposent des dimensions de rentabilité des investissements et des services. Ces dimensions sont-elles compatibles avec le maintien de l'unité de la vie urbaine ? Cela pose le problème des métropoles régionales, des « villes nouvelles ». Et, au-delà de la dimension, quelle doit être l'armature, quel doit être le parti urbanistique tout court pour que la ville vive, c'est-à-dire pour que la société urbaine se réalise dans le cadre qu'on lui propose et qui doit être assez souple pour qu'elle puisse, à son tour, le façonner : dialectique de la vie et de la matière.

Le premier degré de l'approche est celui de la société technicienne et consommatrice de produits et de services rares, qui pose le problème de la grande ville, et plus exactement celui de l'unité de la grande ville, en ce sens qu'il s'agit de savoir où se place la limite de l'organisme social de la ville. Les appréciations varient – et il est normal qu'elles varient en raison même de la diversité des conditions particulières à chaque cas. Mais les ordres de grandeur le plus souvent avancés sont ceux de 350 000 à 500 000 habitants. En d'autres termes, la « fourchette » 350 000-500 000 permet, dans les pays de l'Europe occidentale, de concilier la rentabilité des infrastructures de services avec la solidarité de groupe. C'est, du moins, une hypothèse de travail généralement admise.

Le plus intéressant est cependant le second degré de l'approche, celui qui a attiré l'attention des années 1960, le niveau des villes moyennes. Par définition, il n'y a rien de plus imprécis que l'épithète de moyen. Pourtant, ici, le mot a un sens, sur le plan social. La ville moyenne est celle où le contact peut être conservé avec l'héritage historique et culturel ou avec le centre de vie conçu pour remplacer le noyau historique. C'est elle qui sert de modèle à deux stratégies, celle de la promotion de centres régionaux sous la protection et la direction des métropoles, et celle de l'élaboration des villes nouvelles. Apparemment, il n'y a pas de différence dans le mode de vie entre une ville provinciale de 100 000 à 200 000 habitants et une ville nouvelle conçue suivant un schéma de relations internes soigneusement étudié. En fait, l'interférence temps-dimension intervient. À dimension égale, la ville qui a une histoire et un héritage cristallise certaines formes de la vie sociale, bénéficie d'un privilège par rapport à la ville nouvelle. Du moins ce privilège fait-il apparaître la nécessité d'une structure de substitution et pose en même temps le problème de l'efficacité de cette structure. En d'autres termes, la ville nouvelle est-elle capable d'engendrer une société urbaine locale comparable à la société urbaine de la ville moyenne, ville historique ? Pour répondre à la question, il faut savoir si l'ordonnancement de l'espace urbain peut créer un succédané du noyau traditionnel. En valeur absolue, il semble légitime de répondre par la négative. Mais qui est sensible à la valeur absolue ? Si l'on offre un catalyseur à un groupe urbain constitué d'éléments disparates venus de sources diverses, il n'est pas impossible de créer les bases d'une nouvelle unité sociale. C'est là le pari des urbanistes des villes nouvelles. Il se traduit en esquisses de centre fonctionnel et figuratif avec cheminement pédestre, en organisation cohérente de l'emploi, du logement, des services, de la vie collective, de l'environnement. L'urbanisme est reparti à la conquête de la maîtrise de la société urbaine, mais à l'échelle des villes moyennes. Et 25 p. 100 des Français, 33 p. 100 des Anglais vivent à l'échelle des grandes agglomérations. Le pari serait plus facile à gagner en Allemagne ou en Italie. Il est vrai qu'un des thèmes de la stratégie de l'urbanisme des grandes agglomérations est de les démultiplier en villes nouvelles ; l'expérience montre que l'opération n'est pas facile. Le fossé reste profond entre le chantier d'urbanisme représenté par l'héritage de cent cinquante ans d'improvisation et les images types de la ville nouvelle et de la nouvelle société urbaine, élaborées empiriquement et progressivement en Scandinavie et en Grande-Bretagne. Tout est pourtant plus facile quand on n'a pas coupé les racines de l'arbre, et c'est là un des avantages de l'Italie et de l'Allemagne.

Villes sans urbanisme ou urbanisme sans villes

On ne peut pas ne pas évoquer le cas des villes des pays non industriels, s'accroissant aujourd'hui à un rythme qui dépasse non seulement celui de l'urbanisation des pays industriels, mais, dans beaucoup de cas, la cadence de croissance la plus forte des villes des pays industriels au moment de la révolution industrielle. Le facteur décisif est la pression démographique. La question posée est de savoir s'il se constitue une nouvelle société urbaine, et si cette société appelle un urbanisme adéquat ou est canalisée par un urbanisme préalable. La ville des pays non industriels est le lieu d'affrontement de deux sociétés, ou plus exactement d'une société cohérente, organisée, face au transfert d'agrégats sociaux d'origine rurale en voie de désorganisation. L'urbanisme traditionnel, qui est généralement un urbanisme d'importation, qu'il s'agisse de la ville coloniale des xixe et xxe siècles, ou de la ville paracoloniale, c'est-à-dire de la ville économiquement dominée, de pays politiquement indépendants (Amérique latine), a été conçu pour une classe dirigeante, quelle que soit sa nationalité. Les opérations d'urbanisme ont bénéficié d'une exceptionnelle concentration des ressources du pays dans les capitales politiques, administratives et essentiellement économiques. Certaines des villes coloniales ou paracoloniales ont réalisé des aménagements urbanistiques bien mieux ordonnés et plus cohérents que ceux des villes de la vieille Europe ou de l'Amérique du Nord. Ces aménagements correspondent aux aspirations d'une minorité sociale monopolisant l'essentiel du revenu national. Ils attirent souvent l'admiration, mais en aucun cas ils n'expriment la réalité d'une société globale. Car la société globale demeure rurale et ses apports au groupement de fait de la ville sont des contingents de paysans apportant avec eux ce qui est transportable de la société rurale : sociétés des habitats non intégrés, qui posent des problèmes économiques insolubles. Un urbanisme d'improvisation s'efforce de répondre aux urgences : un urbanisme sans architecture et sans construction se borne à établir des infrastructures minimales pour préparer, dans un avenir indéterminé, l'intégration d'une société de transition à une société urbaine qui ne sera pas l'actuelle société urbaine de privilégiés. Tout cela est un des aspects parmi d'autres des improvisations et des recherches de développement de l'urbanisme.

Suivant la rapidité des rythmes d'évolution, l'urbanisme apparaît comme le produit, l'image d'une société, ou comme le cadre offert à la maturation de celle-ci. Sans doute n'y a-t-il pas différence d'essence, mais seulement différence de vitesse de l'évolution historique. Car, finalement, tout revient à l'histoire, celle qui nous apporte l'image de combinaisons plus ou moins harmonieuses, élaborées à la longueur des siècles, ou celle qui se fait aujourd'hui, à un rythme en apparence effréné, mais qui, à l'échelle des millénaires, n'est autre chose que le rythme des périodes de crise.

—  Pierre GEORGE

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Dans le chapitre « Un passage fondateur par l’Afrique : des villes minières aux « Brazzavilles noires » »  : […] L’autre grande école d’anthropologie urbaine est britannique et voit le jour à la fin des années 1930 en Rhodésie du Nord (auj. Zambie), alors dominée par la Grande-Bretagne. Le Rhodes-Livingstone Institute y est fondé en 1937, avec pour mission d’étudier les changements affectant les sociétés d’Afrique australe confrontées à l’émergence rapide de villes minières et industrielles. Ces villes nouv […] Lire la suite

ARC-ET-SENANS

  • Écrit par 
  • Daniel RABREAU
  •  • 916 mots
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Réalisée entre 1775 et 1779, la manufacture des salines d'Arc-et-Senans, située en bordure du Jura, est un exemple précoce d'architecture industrielle conçue avec un souci d'esthétique . L'architecte Claude-Nicolas Ledoux y fonda en partie sa théorie de l'urbanisme et sa philosophie visionnaire de la société, dont les prolongements sont à rechercher dans sa publication L'Architecture considérée s […] Lire la suite

ARCHÉOLOGIE (Méthodes et techniques) - L'archéologie urbaine

  • Écrit par 
  • Henri GALINIÉ
  •  • 3 188 mots
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Dans le chapitre « L'archéologie en ville ? Une prise de conscience tardive »  : […] Longtemps, l'archéologie des villes s'est cantonnée à l'étude des cités méditerranéennes antiques qui livraient des témoignages de grandes civilisations. En France, seul le littoral de la Méditerranée où se trouvaient des villes d'origine grecque ou romaine et quelques grandes villes comme Lyon, capitale des Gaules, suscitaient l'intérêt de la recherche académique. Le reste du territoire était lai […] Lire la suite

ARCHIGRAM GROUPE

  • Écrit par 
  • Yves BRUAND
  •  • 384 mots

Équipe d'architectes anglais constituée, en 1963, afin d'envisager l'urbanisme sous l'angle de la recherche prospective, Archigram fut d'abord une revue, publiée de 1961 à 1974 — neuf numéros et demi. Formé de Warren Chalk, de Dennis Crompton, de Peter Cook, de David Greene, de Michael Webb, de Ron Herron et de Peter Taylor, le groupe publie en 1967 un livre, Archigram, Seven Beyond Architecture […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - L'architecte

  • Écrit par 
  • Florent CHAMPY, 
  • Carol HEITZ, 
  • Roland MARTIN, 
  • Raymonde MOULIN, 
  • Daniel RABREAU
  •  • 16 573 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « L'enseignement : l'École des beaux-arts »  : […] L'enseignement « Beaux-Arts » est de type charismatique et vise à faire éclore le don que chaque élu porte en lui. Il s'appuie sur la transmission par osmose, du maître à l'élève et de l'ancien au nouveau, non seulement d'un savoir théorique et pratique, mais d'un ensemble de valeurs. L'atelier est la structure de base de cet enseignement, le folklore en est l'accompagnement. Les rites de passage, […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - Architecture et société

  • Écrit par 
  • Antoine PICON
  •  • 5 774 mots

À côté des impératifs esthétiques et techniques, les problèmes d'usage occupent une place importante au sein de la discipline architecturale. Constitutive de l'espace urbain, présente en des points névralgiques du territoire qu'elle contribue à structurer, l'architecture possède une portée sociale qui transcende les spécificités de telle ou telle commande ; elle est inséparable d'une prise en com […] Lire la suite

ARCHITECTURE CONTEMPORAINE - Une architecture plurielle

  • Écrit par 
  • Joseph ABRAM, 
  • Kenneth FRAMPTON, 
  • Jacques SAUTEREAU
  •  • 11 640 mots
  •  • 17 médias

Dans le chapitre « Le populisme »  : […] L'approche « contexturaliste » de l'urbanisme, proposée par Colin Rowe pendant les quinze dernières années de son enseignement à Cornell University, trouve à la fois complément et concurrence dans un livre d'une grande portée : Complexity and Contradiction in Architecture de Robert Venturi, publié en 1966 par le Museum of Modern Art de New York. Venturi y plaidait non seulement en faveur d'une a […] Lire la suite

ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE ou ARCHITECTURE DURABLE

  • Écrit par 
  • Dominique GAUZIN-MÜLLER
  •  • 5 078 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Extension de la démarche éco-responsable à l'urbanisme »  : […] Pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par l'Union européenne en termes d'économies d'énergie et de réduction des émissions de CO 2 , la réalisation de bâtiments écologiques est nécessaire, mais pas suffisante. Les solutions doivent s'appliquer de manière interactive aux trois échelles : aménagement du territoire, opération d'urbanisme et construction des bâtiments. Pour être efficace, le tr […] Lire la suite

ARCHITECTURE & ÉTAT AU XXe SIÈCLE

  • Écrit par 
  • Anatole KOPP
  •  • 3 946 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'Italie « nouvelle » »  : […] C'est dans l'Italie fasciste que sont posés pour la première fois les problèmes de l'architecture comme instrument de l'action politique et idéologique de l'État. On sait que l'une des idées-forces du régime mussolinien fut la filiation entre l'Italie « nouvelle » et la Rome impériale. La Rome antique était présente dans la Rome du xx e  siècle. C'est à son exaltation que Mussolini appelle les […] Lire la suite

ART COLONIAL

  • Écrit par 
  • Véronique GERARD-POWELL, 
  • Alexis SORNIN
  •  • 8 402 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « New Delhi »  : […] Dans la nuit du 14 au 15 août 1947, lord Mountbatten, dernier vice-roi des Indes, déclare l'indépendance de l'Inde et du Pakistan, si bien que l'ambition de faire de New Delhi un écrin pour le joyau de la couronne britannique n'aura été que de courte durée. Officiellement inaugurée en février 1931 en tant que capitale de l'Empire des Indes, New Delhi s'articule, selon les plans d'Edwin Lutyens et […] Lire la suite

ASCHER FRANÇOIS (1946-2009)

  • Écrit par 
  • Alain BOURDIN, 
  • Frédéric GILLI
  •  • 845 mots

L'art de réaliser des découvertes inattendues, ou sérendipité, caractérise ce qui maintient les villes au cœur du monde. Ces très grandes concentrations humaines sont aussi les principaux lieux d'échange. Elles favorisent comme nul autre type d'espace le hasard des rencontres, précipitant les inventions qui seront au cœur du monde de demain. Les moyens accrus de télécommunication et l'hypermobili […] Lire la suite

AUTOMOBILISME

  • Écrit par 
  • Mathieu FLONNEAU
  •  • 6 055 mots

Dans le chapitre « Succès des fonctions utilitaires »  : […] Pour autant, limités à une certaine société, ces usages « égoïstes » de la « folie furieuse de l'automobilisme » stigmatisée entre autres par Léon Bloy au lendemain de la tragique course Paris-Madrid de 1903, présentaient un danger pour l'avenir même de l'automobile. Félicien Hennequin, secrétaire général de la Commission extraparlementaire de la circulation automobile, l'expose lucidement dès 190 […] Lire la suite

AZTÈQUES

  • Écrit par 
  • Rosario ACOSTA, 
  • Alexandra BIAR, 
  • Mireille SIMONI
  •  • 11 264 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « Tenochtitlán, une île au centre du monde »  : […] À l’arrivée de Cortés en 1519, la capitale de l’empire aztèque est une cité lacustre qui s’étend sur 13,5 kilomètres carrés et qui compte entre 250 000 et 300 000 habitants . À titre de comparaison, Venise n’en dénombrait que moitié moins à la même époque. C’est à partir de l’île de Tenochtitlán que le dernier empereur aztèque, Moctezuma II, contrôlait un territoire d’approximativement 200 000 kil […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre GEORGE, « URBANISME - Urbanisme et société », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/urbanisme-urbanisme-et-societe/