URBANISATION DANS LE MONDE GRÉCO-ROMAIN

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Construction : aqueducs

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Avenue à portiques d'Apamée, Syrie

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Théâtre hellénistique, Priène

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Crédits : Bridgeman Images

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Administration et « politique »

Des villes très importantes – Alexandrie d'Égypte après la conquête romaine par exemple – pouvaient être privées du statut de cité. À l'inverse, certaines cités n'ont qu'un chef-lieu administratif et leur population vit dispersée, par exemple dans les districts macédoniens d'Asie Mineure. La cité a son gouvernement, avec magistrats et Conseil (Boulè), ses cultes, souvent un calendrier où les années sont indiquées par la mention des magistrats éponymes, comme dans la formule romaine « un tel et un tel étant consuls ». Cette manière de dater, qui n'en est pas une à nos yeux puisqu'elle ne chiffre pas le temps, a été concurrencée par des ères dynastiques, entre autres celles des Séleucides, d'Actium, de Dioclétien... Elle n'en a pas moins duré autant que les institutions civiques. Les cités prétendent ainsi à la maîtrise non seulement d'un espace mais d'un temps qui leur soit propre ; voilà, semble-t-il, le triomphe du particularisme.

Les fondations royales étaient soumises à une tutelle étroite. Leurs institutions, que nous connaissons mal, ne devaient pas être foncièrement différentes de celles des cités qui existaient avant Alexandre. Mais les souverains y intervenaient par l'intermédiaire de personnages qui étaient à la fois les magistrats suprêmes de leur cité et les contrôleurs du roi (les épistates), ou bien par des lettres dont les recommandations valaient des ordres. Le degré d'assujettissement des villes nouvelles se mesure à un détail : lorsque les habitants de l'antique cité ionienne de Téos voulurent remercier les conseillers (les « amis ») d'Antiochos III, vers 204-203, ils ne trouvèrent d'autre moyen juridique de le faire qu'en honorant non pas le groupe des « amis » qui ne formaient pas une communauté définie, mais les capitales syriennes du royaume où la plupart (sinon tous) étaient établis, Antioche, Séleucie, Laodicée (Peter Herrmann et Philippe Gauthier). C'est dire que le seul pouvoir qui comptait dans ces très grandes villes était conféré par la faveur royale.

À côté du corps c [...]


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Écrit par :

  • : professeur des Universités, université de Paris-X-Nanterre

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Pierre CHUVIN, « URBANISATION DANS LE MONDE GRÉCO-ROMAIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/urbanisation-dans-le-monde-greco-romain/